novembre 2021

Valton Berisha


Bio express

Valton Berisha, 17 ans, 191 cm, réside à La Tour-de-Trême, junior inter A au Team La Gruyère, entraîneur de juniors Eb, a 2 petites sœurs.


Interview du 17 novembre 2021

Est-ce que tu as grandi depuis tout petit dans le milieu du foot ? 

Oui. J’ai commencé à La Tour avec plein de copains en même temps, jusqu’en E. J’ai fait ensuite 4 mois au Team AFF à Fribourg. Cela devenait compliqué avec les trajets et je suis revenu à La Tour. C’est en juniors D que j’ai commencé avec Bernard. 

D’ailleurs, tu es tout le contraire de petit, as-tu toujours été un des plus grands de ton âge ?  

Oui. 

C’est ce qui t’as conduit à jouer régulièrement dans une autre classe d’âge ? 

Oui c’est juste. C’était une bonne chose, car avec ceux de mon âge, je devais moins me battre, car je pouvais profiter de ma taille. Avec des plus grands, j’ai certainement plus progressé. 

Tu as des origines du Kosovo, mais tu as toujours grandi en Suisse. Es-tu fan de la Suisse ou du Kosovo ? 

Des deux, plus de la Suisse, car le Kosovo on le voit moins dans les grandes compétitions. 

Est-ce que tu aurais pu t’imaginer aller klaxonner pour ton pays d’adoption lundi soir pour fêter la qualification de la Nati à la Coupe du Monde du Qatar ? 

Clairement ! 

Tu entraînes des petits juniors depuis combien de temps ?

Depuis 4 ans.

Comment t’es venue cette passion et est-ce que tu as dû suivre des cours afin de pouvoir entraîner ?

Alors ça m’est venu car Matthieu m’avait demandé de le remplacer et j’ai accepté. Depuis cet entraînement, j’ai immédiatement accroché avec les enfants. J’aime voir leur vision du football, ils veulent tous se prendre pour des « petites stars ». 

Ils essaient de reproduire ce qu’ils voient à la télé et cela me fait beaucoup rire. J’ai justement un cours ce vendredi pour devenir animateur, c’est le premier papier d’entraîneur. Cela fait longtemps que je voulais le faire, mais c’est une bonne chose que Matthieu m’ait inscrit directement. 

Tu formes un binôme très apprécié des enfants et des parents avec ton pote Vleoris Hamzaj. En plus, vous avez, comme toutes les équipes de E, eu d’excellents résultats. Quelle est votre recette ? 

On ne peut pas la dire (en rigolant). Avant d’être un binôme avec Vleoris, nous sommes de vrais potes. C’est ce qui permet d’avoir une bonne ambiance d’équipe à l’entraînement, mais on peut aussi être sérieux lorsque c’est nécessaire. 

De quel entraîneur essaies-tu de t’inspirer ? 

Bonne question, peut-être Pep Guardiola. 

Pas trop dur de cohabiter avec les parents de ces juniors Eb, qui n’en loupent pas une pour boire un verre au bord du terrain ? 

Non, parce qu’ils amènent beaucoup d’importance dans l’équipe. Ils répondent toujours présents, on sait que l’on peut compter sur eux en tout temps. Je n’ai jamais eu une autant bonne entente avec les parents. 

Tu joues cette saison avec les inters A de Bulle (Team La Gruyère). Comment cela se passe-t-il dans cette catégorie de jeu pour toi ? 

Ça change. Il faut savoir que l’on m’a proposé 2-3 fois d’aller avec déjà avant. Je n’avais jamais tellement accroché. Mais cette année je trouve que c’est magnifique de voir l’envie et la manière de mettre en avant les jeunes de la part de Serge Castella et Christian Brodard. 

Quelles sont tes ambitions à court et moyen terme en tant que footballeur ? 

Je n’ai pas eu énormément de temps de jeu avec les inters A cette année. Mais je suis très motivé pour le 2ème tour et je travaille en dehors des entraînements pour prendre ce qui me manque. J’aimerais d’abord gagner ma place de titulaire avec mon équipe d’inters, puis à terme si possible jouer dans la 1ère équipe, de La Tour bien sûr, en tant que Tourain.

Quel est le plus beau match de football auquel tu as assisté ?  

La finale de la Coupe fribourgeoise entre Schoenberg et Piamont à Lentigny, en 2019. J'avais couru sur le terrain et je m'étais fait interviewé par La Télé, qui montrait le match en direct.

Quel est pour toi le meilleur joueur actuel de la planète et pourquoi ? 

Karim Benzema, parce que, dès qu’il n’a plus été dans l’ombre de Ronaldo au Real Madrid, il a explosé. Alors que tout le monde pensait que le club allait sombrer, Benzema a tenu le club à lui tout seul. C’est un joueur très complet, qui a aussi fait de grandes performances lorsqu’il est revenu en équipe de France. 

A quel match de rêve aimerais-tu pouvoir assister ? 

Un match de La Tour, c'est clair, euh... La Tour/Le Pâquier contre le Bayern de Munich. 

Qu’est-ce que tu fais actuellement comme formation ? 

Je suis en 2ème année d’apprentissage d’installateur sanitaire, chez Philippe Andrey. 

Je te remercie pour cet interview. Je vais continuer à faire vivre cette rubrique pendant la pause hivernale. Quelle est la personne que je dois interviewer en décembre ? 

Je te propose de demander à Mervan Ljalamari, arbitre de notre club. Je profite de l'occasion pour lui demander de me rendre mon four à raclette. ;-)

Valton

octobre 2021

Bernard Steinhelber


Bio express

Bernard Steinhelber, 68 ans, La Tour-de-Trême. Marié à Jacqueline, papa de Léo, 16 ans, actuellement en inters B à Bulle. A la retraite depuis 2018.


Interview du 16 octobre 2021

Tu as grandi en France. Tu avais commencé le football déjà en étant petit ? 

Oui, en Charentes, à Ruffec (entres Poitiers et Angoulème), mais j’ai des origines alsaciennes. J’ai fait toutes mes classes là-bas jusqu’à ce qui correspond en Suisse à des juniors A. J’avais fait à l’époque deux présélections pour l’équipe de France juniors. Mais il avait pris à ma place un autre joueur provenant de Bordeaux, un certain Alain Giresse (n.d.l.r. que les plus anciens connaissent certainement).

Angoulème était à ce moment-là en 2ème division française et devait avoir une équipe réserve en division d’honneur, au contraire de Ruffec. Mais Ruffec était financièrement en grande difficulté et il y a eu une fusion entre les clubs, ce qui m’a permis d’intégrer cette équipe. 

Qu’est-ce que tu peux dire sur ta jeunesse en France voisine ? 

Elle a été mitigée, déjà par le décès de mon papa lorsque j’avais 6 ans. J’étais dans une famille très pauvre, nous n’avions pas d’eau chaude lorsque j’étais petit et les toilettes étaient à l’extérieur. 

J’étais un peu un rebelle, et vers l’âge de 14 ans, ma mère m’a mis en pension, à Périgueux (à 150 km), mais je rentrais en stop le week-end pour jouer au foot. Sur les 4 ans, j’ai réussi une fois à faire les 150 km avec la même voiture. 

Dans les années 1968-1969, avec la grève des profs et la révolution, nous n’avions rien étudié durant une année complète. En 1970, j’étais parti de l’internat pour aller voir les matchs de Coupe du Monde du Brésil à la télé. Suite à ça, j'ai pas eu mon bac et je suis retourné ensuite à Ruffec. Là, j’ai fait 2 apparitions avec les pros de l’AS Angoulème devant près de 30'000 spectateurs et ma mère m’avait trouvé un petit job à la Poste. 

Tu es arrivé en Suisse comme joueur au FC Fribourg, c’était en quelle année ? 

En 1972, j’avais vu une annonce sur France Football comme quoi le FC Fribourg cherchait des joueurs. Il y avait un numéro de téléphone pour s’inscrire. Mais nous n’avions pas le téléphone à la maison et il n’y avait pas de cabines téléphoniques dans la petite ville de Ruffec (4'000 habitants) non plus. J’avais appelé depuis La Poste. J’avais à ce moment-là 19 ans, j’ai pris un sac de foot, quelques habits et j’ai mis 24 heures en train (pas par le chemin le plus direct) pour rejoindre Fribourg. 

Raconte-nous un peu comment cela s’est passé au début ? 

Je fais d’abord connaissance avec le monsieur « Casi » du restaurant Le Richelieu qui avait posté l’annonce et organisé le transfert. On m’avait mis à disposition un appartement dans le quartier du Levant, avec moquette et des toilettes dans l’appartement. L’entraîneur de l’époque au FC Fribourg (ligue B) s’appelait Edenhofer et à ce moment-là, le club cherchait un centre-avant (ce qui n’était pas du tout mon cas) et le club n’avait droit qu’à un seul étranger. On m’avait mis dans la réserve pendant 2 ans, car je ne faisais pas le poids pour jouer dans la 1ère équipe.

Le monsieur « Casi » m’avait ensuite trouvé un boulot chez un paysagiste, chez Vorlet à Villars-sur-Glâne (n.d.l.r. qui est devenu Evertis). J’étais bloqué à Fribourg et comme j’habitais et je travaillais à Villars-sur-Glâne, j’ai joué à Villars-sur-Glâne, en 2ème ligue, c’était vers 1975. 

Et la Gruyère, tu as découvert comment ? 

En 1980, je suis allé jouer à Noréaz (actuellement Piamont) et nous avions fait les finales pour monter en 2ème ligue, mais c’est Charmey et Plasselb qui étaient montés. Je suis resté là-bas plusieurs années et j’avais fait une croix sur les ligues supérieures.

Après avoir travaillé longtemps chez un paysagiste de Bourguillon, j’ai travaillé quelques temps, toujours comme paysagiste, à la Commune de Villars-sur-Glâne, qui était alors au début de sa grande croissance. Mais après avoir dû travailler derrière le camion-pouvelle pendant un mois, j’ai rapidement démissionné. Avec un peu de chance, j’ai retrouvé tout de suite un nouveau job. En 1988, j’ai monté la société Bull’Jardin SA, déjà à la Route du Closalet, à La Tour-de-Trême. Michel Dubois, très impliqué dans le football à La Tour, avait son entreprise juste à côté.

C’est donc comme ça que tu t’es approché du FC La Tour-de-Trême ?

Oui, vers 1989-1990, pour connaître du monde en Gruyère, je me suis rapproché du club et des dirigeants. Le club jouait à ce moment-là en 3ème ligue. J’ai fondé avec Michel Dubois et trois autres personnes le Soulier d’Or, qui est devenu notre club de soutien. Nous nous imaginions acheter et vendre des joueurs et construire des immeubles avec les bénéfices.

Or, cela ne s’est pas passé du tout comme ça, nous étions des doux rêveurs. On a pu faire venir quand même des joueurs pour faire grandir le club.

Tu fais incontestablement partie des personnages emblématiques du club. Quelle est la fonction que tu n’as pas occupé dans le club ?

Je pense que c’est la fonction de tenir la buvette. J’ai été fondateur du Soulier d’Or, président du Soulier d’Or, entraîneur de juniors, arbitre et président du club.

Justement, tu as à peu près tout fait dans le club, c’est impressionnant. Jusqu’à dernièrement, tu étais président du Club de soutien du Soulier d’or et entraîneur des juniors B promotion. Où trouves-tu une énergie pareille pour le football, et en particulier pour notre FC La Tour/Le Pâquier ? 

Dans mon était d’esprit. J’aime le foot. Je suis un passionné. Je vis du foot. Je regarde beaucoup de matchs, à la télé ou dans la région. Je suis un fidèle et j’aime le club. Mon épouse a un grand mérite. Jacqueline rajoute que le mec est fantastique, mais que tu dois « prendre le foot avec ».

Que penses-tu du niveau de notre 1ère équipe actuellement ?

J’ai rarement vu une équipe à La Tour avec un engagement total. C’est ce qui me surprend de la part des joueurs. C’est grâce au travail incessant de Cédric Tona, qui fait partie des 3 meilleurs entraîneurs que j’ai vu à La Tour dans ces 30 dernières années. Mention aussi pour Yves Bussard qui est resté plus de 10 ans comme entraîneur de la 1ère équipe. 

Le club s’est un peu restructuré récemment  et va continuer à le faire. Comment vois-tu son évolution ?

Au niveau de la restructuration c’est parfait. Vous faites un bon boulot. 

Tu fais en ce moment une petite pause, mais dans un coin de ta tête, tu t’imagines reprendre le flambeau dès la saison prochaine avec les juniors A, non ? 

Oui, je le ferais avec plaisir, peut-être avec un autre 

entraîneur. Mais je pense qu’il y a de quoi faire une équipe régionale en juniors A. On doit y arriver, dans une ville de plus de 25'000 habitants.

On l’avait abordé dans l’interview de Bledar, tu as suivi toute une équipe de jeunes, dont ton fils Leo, depuis l’école de foot jusqu’aux juniors B. Que pourrais-tu nous dire par rapport à cette assez formidable longévité ? 

J’ai eu droit à une sacrée volée de bons types. Il faut être à l’écoute, être des éducateurs avant d’être des entraîneurs lorsqu’ils sont petits. J’ai beaucoup aimé ce côté-là. J’ai eu de la chance, ils étaient réceptifs et les parents étaient supers aussi, même si certains étaient moins impliqués. On a fait le GGV, les D promos et les B promos, grâce à Matthieu, toujours avec des Tourains, mais aussi grâce à la bonne collaboration avec le Team La Gruyère.

Pour les jeunes en question, quels sont les avantages et les inconvénients de n’avoir connu pratiquement qu’un seul entraîneur durant toute leur formation ? 

Il faudrait le demander à eux. Pour le bien de l’équipe, on a progressé et bien travaillé ensemble, car on se connaissait bien. On a joué à un bon niveau, donc c’était une bonne solution, même si on dit qu’il faudrait changer régulièrement d’entraîneur. Cela a bien fonctionné, malgré des gars qui sont allés au Team AFF, comme Josh et Florent. 

Quel est le match auquel tu as assisté qui t’a le plus marqué ? 

J’étais allé voir un match au Portugal, dans l’ancien stade de Porto, avec env. 80'000 spectateurs. Pas forcément pour le match proprement dit, mais par la quantité de spectateurs, la masse humaine. Aussi Liverpool-Bâle en ligue des Champions, une foule énorme et les supporters Bâlois (env. 5'000) qui étaient entourés par des chevaux pour l’accès au stade. C’est surtout la masse de spectateurs qui m’impressionne. Mais les matchs de pros sont parfois soporifiques et je préfère aller voir un match à La Tour avec un bon cigare derrière les buts. 

Qui est le meilleur entraîneur et pourquoi ? 

J’aime bien Klopp de Liverpool. J’allais beaucoup sur internet pour essayer de jouer comme lui, avec la même tactique. Il y en a un en France aussi qui entraîne très bien, c’est Galtier qui entraîne l’OGC Nice cette année après avoir été champion de France avec Lille l’an dernier. 

Dans la région, on a deux bons entraîneurs avec Cédric Tona et Lucien Dénervaud. 

Le meilleur joueur qui a joué à La Tour ? 

J’en ai vu passer des joueurs chez nous. C’est difficile à répondre, car ça dépend du poste. Il y a eu énormément de bons joueurs qui sont passés par chez nous. Par mémoire, je citerais Ronny, Grougi et Belounis. Avec ces 3 joueurs, nous étions montés en 1ère ligue. Je m’excuse pour les autres. 

A quel match rêverais-tu d’assister ?

La Tour contre PSG en Champions League.

Qui pourrais-tu me proposer pour le prochain interview ?

Je voulais te proposer Jean-Pierre, mais je sais qu’il n’aime pas se mettre en avant. Sinon, j’aimerais bien que tu demandes à Valton, car il joue actuellement en inters A à Bulle et il entraîne les juniors à La Tour.

Bernard

septembre 2021

Bledar Ukaj


Bio express

Bledar Ukaj, 16 ans, habite à La Tour-de-Trême depuis toujours. A quatre frères : Blerond de 26 ans,  Blendi de 21 ans, Berin de 15 ans et Diamand de 9 ans. Sa maman Sabahat travaille à la maison et son papa Afrim est machiniste chez Grisoni.  


Interview du 23 septembre 2021

Tu joues au foot depuis de très nombreuses années déjà, c’est juste ?

Oui, je crois que j'ai commencé lorsque j'avais 7-8 ans. Grâce à Alexis, qui s'était cassé la clavicule et qui m'avait demandé si je pouvais aller le remplacer.

Tu as la particularité de n’avoir connu durant tes années de juniors pratiquement qu’un seul entraîneur, notre ami Bernard Steinhelber ?

Oui, c'est juste. En vrai, au début, il m'avait demandé d'intégrer le club, mais je n’en avais encore jamais parlé à mes parents. Il m’a redemandé plusieurs fois et à force j’ai fini par poser la question à mes parents et ils ont accepté.

Il a réussi durant toutes ces années à créer un noyau très fort et des joueurs qui lui étaient totalement dévoués, non ?

Oui, totalement.

Auriez-vous fait l’impossible pour Bernard ?

Je pense bien, clairement, car il a fait beaucoup de choses pour nous. Quand il travaillait encore, il prenait beaucoup de temps pour nous. Je lui dois tout.

Il a quand même réussi à garder au club des jeunes qui auraient eu facilement les qualités nécessaires pour jouer en inters ?

Oui, même plus, certains auraient même pu aller au team AFF, mais les joueurs lui sont restés fidèles. Et d'autres sont revenus lorsqu'ils n'étaient plus dans la filière du team.

Tu joues cette année avec ton « petit » frère Berin (qui doit bien faire 185 cm et qui vient de sortir des juniors C promotion). Est-ce que cela avait déjà été le cas auparavant ?

Non, encore jamais, c'est la première fois. Nous étions par moment dans la même classe d'âge de juniors, mais jamais encore dans la même équipe

Est-ce une fierté de vous retrouver dans la même équipe, même si Berin joue aussi des matchs avec les B2 de Bulle?

Totalement, nous avons même eu des matches ensemble et nous nous entraînons ensemble.

Autre changement cette année pour toi, puisque tu es désormais entraîné par Dylan Bussard, fils d’un certain Yves Bussard, entraîneur mythique du club. Qu’est-ce qui a changé dans les entraînements et le style de coaching ?

Humm, eh bien, ce qui change c'est déjà le nombre d'entraînements par semaine, car nous n'en avions que deux par semaine auparavant. Nous faisons beaucoup plus de physique. Il entraîne plus la musculature, le gainage, notamment. Il souhaite aussi développer plus un style de jeu ras terre alors que nous avions appris les passes transversales avec Bernard.

Sinon, tu es un arbitre régulier de nos juniors, depuis plusieurs saisons. Quelles satisfactions te procurent ces matches en tant qu’arbitre ?

Je trouve déjà que ça fait plaisir d'aider le club. C'est une expérience où on apprend des trucs. J'ai aussi déjà entraîné les tous petits avec l'école de foot. C'est un autre point de vue en tant qu'arbitre.

Est-ce que cela te permet de mieux comprendre les décisions de l'arbitre lorsque tu es sur le terrain en tant que joueur ? 

Non, pas forcément les comprendre, mais je connais aussi mieux les règles. J'ai de la compréhension en cas d'hésitations de l'arbitre. Il y a des fautes que je connais maintenant que je ne connaissais pas lorsque j'étais seulement joueur.

Est-ce que ce rôle « d’homme en noir » a été plus facile avec le huis clos et l’éloignement des parents du bord du terrain ?

Oui, il y a eu peut-être un peu moins de pression. Certains parents "gâchent" un peu le plaisir des enfants parfois. Mais la différence s'est remarquée surtout pour les enfants, car il y avait moins de "conseils" par les parents au bord du terrain.

Est-ce que tu pourrais t’imaginer gravir les échelons aussi dans l’arbitrage ?

En toute sincérité, j'y ai déjà pensé, mais comme je suis aussi joueur, je trouve que c'est assez dur de gérer les deux en même temps. Donc pour l'instant je n'ai pas vraiment essayé d'aller plus haut dans l'arbitrage, même si on me dit que je suis plutôt un bon arbitre.

Sinon que fais-tu actuellement comme formation ?

Je suis actuellement en dernière année du CO. J'ai une idée en tête pour la suite, mais j'aimerais encore faire un stage pour savoir si je veux vraiment faire ce métier. Encore à voir.

Est-ce que tu as d’autres hobbys ?

Il y a qqch que j'aurais toujours aimé faire en club, c'est du basket. J'avais vraiment envie d'essayer de faire du basket, mais j'aime trop le foot alors je n’ai jamais vraiment pu le faire.

Tu envisages de faire quoi comme job plus tard ?

Ça serait installateur sanitaire en fait. Je vais refaire un stage pour savoir si c'est vraiment ce que je veux faire.

Et au niveau football, quelles sont tes ambitions ?

Sincèrement, je ne sais pas vraiment. Je compte continuer et jouer le plus haut possible. J'aimerais bien jouer en équipe nationale du Kosovo (n.d.l.r. équipe aussi entraînée par un Bernard).

Ton point de vue sur le début de saison de la 1ère équipe ? 

Je trouve ça magnifique, malgré la défaite en Coupe contre Fribourg. Nous avions été entraînés par Cédric durant quelques mois ce printemps alors que le championnat des actifs était arrêté. Cela nous a fait beaucoup de bien.

Finalement, quel est ton choix pour le prochain interview ?

Bernard Steinhelber, une évidence.

 

Bledar

juin 2021

Yannick Bebga


Bio express

Yannick Bebga, 36 ans, Camérounais, réside à Bulle. Marié à Caroline, a un garçon prénommé Yôsep, de 8 mois. Il a aussi une fille, Marie Michèle, restée au Caméroun. Travaille chez CRC Volets à Bulle comme agent de production.


Interview du 30 juin 2021

Avant de commencer vraiment, tu suis un peu l’Euro ? 

Oui, un peu. Je suis les matchs, les gros matches, comme celui de la Suisse, l’Allemagne ou l’Angleterre. Le seul match que j’ai vu en direct, c’était Suisse-France. 

Justement, en tant que spectateur neutre, comment tu as trouvé ce match ? 

Surprenant. Je n’attendais pas la Suisse à ce niveau. Cela laisse à croire que c’est un coup de chance, mais en tant que coach, je sais que ce n’est pas de la chance. La Suisse a su répondre techniquement, tactiquement et mentalement. Vraiment surprenant. 

Tu es arrivé en Suisse il n’y a pas très longtemps, est-ce bien correct ? 

Oui, je suis arrivé en décembre 2019, cela ne fait même pas encore 2 ans. 

D’après mes informations, tu aurais rejoint la Gruyère grâce à ta femme ? 

Ouais. Nous nous sommes connus au Cameroun, 2 ½ ans avant que je ne vienne en Suisse. Caroline travaillait dans une organisation humanitaire sur un « bateau-hôpital » qui était installé au port de Douala, capitale économique du Cameroun. Nous nous sommes rencontrés par le foot grâce aux entraînements « santés » du week-end. Ce sont des moments où on se retrouvait entre amis pour jouer au foot le week-end, car Caroline venait aussi à ces entraînements avec les locaux, c’était la seule blanche (en fait Caroline jouait aussi au foot avant d’aller en Afrique et est tombée sur ces "santés" un peu par hasard, en ramassant un ballon perdu lors d’un jogging). 

Malgré l’amour, pas si simple de quitter un pays ? 

Ouais, je ne suis pas quelqu’un à la base qui aimait les déplacements, pas du tout. 

Comment s’est passée ton acclimatation ? 

Il faisait très très froid. Il faut comprendre qu’au Cameroun, le plus froid que j’avais à connaître, c’était 19 degrés. Il faisait probablement entre 2 et 5 degrés, finalement pas si froid, mais je dormais avec un training, bouillote. Je ne comprenais pas qu’il puisse avoir du soleil et quand même faire froid. Il y a quand même eu de grandes améliorations par rapport à ma tolérance au froid, mais je n’aime toujours pas. 

Contrairement à beaucoup d’immigrés, tu parles au moins déjà la langue (bien que le Cameroun ait 2 langues officielles, l’anglais et le français), quand même un avantage, non ? 

Oui, mais on ne me comprend pas toujours très bien. Les langues officielles sont le français et l’anglais, mais j’ai parlé le patois étant petit, le « bassa’a » (il y en a 270 différents au Cameroun) et j’ai appris le français à l’école.

Si on revient quelques années en arrière, est-ce que tu pourrais nous raconter ton enfance, où tu as grandi et comment tu as commencé à jouer au football ? 

Il n’y a pas le luxe qu’il y a ici avec des beaux terrains et de la verdure un peu partout. On jouait partout où on pouvait, par exemple derrière la maison. Les plus grands espaces que nous avons eus jusqu’à 12 ans environ, c’était moins de 50 m2 (6 x 8 m max). Il y avait 10 joueurs à l’intérieur et je me suis rendu compte que cela a permis de performer au niveau technique. Lorsque nous n’avions pas de ballons, on prenait des bouts de plastic et on essayait de les attacher ensemble pour faire ressembler à un ballon ou alors on jouait avec une orange. Evidemment, les ballons étaient très vieux, mais c’était déjà super d’avoir un ballon. On jouait pieds nus, sans chaussures et sans chaussures de foot. J’ai grandi à Douala (4 mio d’habitants), tout est concentré en peu d’espace, mais pas dans le centre de la ville.

 Il n’y avait pas d’école de foot, mais j’ai joué à l’âge de 17 ans avec les actifs dans une équipe de 3ème division camerounaise. J’ai fait quelques matches aussi avec les juniors lors de matches importants. J’avais beaucoup de lacunes au début, car je n’avais pas forcément toutes les bases.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le Cameroun, tu pourrais nous situer le pays sur la carte du monde ?

Le Cameroun est situé légèrement au-dessus de l’Equateur, en Afrique Centrale, sur la côte Atlantique.

Et peut-être aussi décrire en quelques phrases la situation du pays dans lequel tu as grandi ? 

C’est un pays chaud, très chaud, avec plus de 20 millions d’habitants. Le Cameroun est communément appelé l’Afrique en miniature, car on trouve tout ce qu’on trouve dans d’autres régions dans un seul pays. C’est assez centré sur le continent, il y a l’Afrique noire, l’Afrique subsaharienne, etc.

Il y a un gros fleuve, un gros port, le pays est parmi les plus grands producteurs de cacao du monde, aussi un gros producteur de bois. Le plus grand sommet du Cameroun est le Mont Cameroun qui culmine à plus de 4'000 m d’altitude. Nous sommes allés gravir ce sommet avec ma femme Caroline, même si je n’avais jamais senti le besoin de faire de la marche. C’était la première fois que j’allais en montagne. 

La capitale Yaoundé, avec plus de 4 mio d’habitants aussi (la moitié de la population helvétique) a la particularité d’être à la même altitude que La Tour-de-Trême (750m). Mais pas avec le même climat ? 

On va souvent à Yaoundé. Il fait un peu plus frais à Yaoundé qu’au bord de l’océan et on risquera de voir des gens avec des pullovers le soir. 

En Suisse, et en particulier en Gruyère, l’environnement change quand même pas mal. Qu’est-ce qui te plaît ici ? 

Il y a beaucoup de choses. Il y a ma femme, mon enfant. Il y a quelque chose qui me fascine, c’est le fait de voir des terrains de foot partout. Au début, même de voir des prés assez plats, j’étais impressionné. Tous les prés, je les voyais comme des terrains de foot. Je suis aussi reconnaissant envers la Suisse de pouvoir travailler ici et de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. 

Tu retournes quand même régulièrement dans ton pays d’origine. Tu as beaucoup de famille sur place ? 

Oui, j’ai beaucoup de famille. Juste mon petit frère à Douala. Mais le reste de ma famille est encore au village. 

Tu as joué au foot au Cameroun jusqu’à quel âge et à quel niveau ?

Jusqu’à 30 ans, jusqu’en 2ème division, pendant plus de dix ans. 

A quel poste de prédilection as-tu préféré évoluer ? 

J’ai commencé comme arrière droit. Mais mes beaux jours dans le foot, c’était dans la défense centrale. 

Tu as fait toutes tes études/ta formation au Cameroun ?

Oui, je n’étais jamais sorti du Cameroun avant de venir en Suisse. Je faisais tout pour éviter les matches à l’extérieur dans mon pays. Tous les voyages étaient en bus, jusqu’à 6 heures. Je n’étais pas vraiment à l’aise dans les voyages. Mais je n’ai pas étudié longtemps. 

Ton pays ne te manque pas trop ? 

Oh si, ça me manque beaucoup. C’est pour ça que je vais assez souvent. J’ai besoin de voir mes amis, mon petit frère, j’ai aussi une fille au Cameroun. Notre objectif, c’est d’aller nous installer au Cameroun. Mais nous n’avons pas exactement la même motivation. J’aimerais y aller plus vite que Caroline. 

Tu entraînes depuis une année et tu as pris en charge les juniors Da. Par quel biais es-tu arrivé au club ? 

Pendant la grosse période de Covid-19, j’ai dit à ma femme qu’il fallait que j’entraîne une équipe. J’entraînais une équipe au Cameroun et ça me manquait. J’ai habité d’abord à Sommentier, mais nous savions que nous allions venir à Bulle. Ma femme a fait des téléphones et ensuite j’ai rencontré Matthieu et c’est comme ça que je suis arrivé dans l’équipe des juniors Da. 

Je me souviendrai de ton premier entraînement, car j’habite tout près du terrain 2 et j’ai adoré dès la première seconde t’entendre parler à tes joueurs. Il faut dire que tu parles relativement fort et … beaucoup, n’est-ce pas ? 

Ouais, je parle beaucoup. Je crois que c’est une malformation. J’avais un entraîneur que j’ai adoré qui parlait beaucoup. Si on se limite à donner une simple séance d’entraînement, des choses vont nous échapper. Les enfants comprennent mieux si on répète plusieurs fois les choses. Par exemple de lever la tête avant de contrôler le ballon ou de faire la passe. Ça devient ensuite une évidence si on répète les choses régulièrement.

Tu as un accent tellement magnifique à entendre. J’imagine que tu as emmené aussi quelques expressions typiques du Cameroun. Tes jeunes ont certainement été amenés à sourire un peu parfois en t’écoutant ? 

Oui (avec un grand sourire). Par exemple, mes joueurs ne comprenaient pas quand je disais « amortis » la balle. Aussi, ils ne comprenaient pas « chasubles », car ici on dit « casaques ». 

J’ai déjà évoqué un peu de la saison des juniors Da lors du dernier interview de Roméo. Vous avez fait une superbe saison, bravo. Pourrais-tu nous raconter comment cela s’est passé selon toi ? 

Au tout début, je savais que j’allais entraîner une équipe de juniors D. Je ne connaissais rien, cela a commencé tout timidement. Au début, il y avait 8 joueurs sur un contingent de 17. Par rapport aux enfants de 12 ans du Cameroun, ici les jeunes sont plus matures et j’étais intimidé. C’était bien que je n’avais pas tout le contingent le premier jour. Ils aiment le foot, ils m’ont tout de suite écouté. Les parents ont été vraiment supers. 

Roméo disait dans l’interview du mois de mai 2021 que certaines fois les entraîneurs donnaient des conseils inverses, d’un côté à l’autre du terrain. Plutôt drôle. Tu confirmes ? 

Oui, oui. C’est juste. Peu importe ce qu’il va se passer sur le terrain, de toute façon je vais donner de la voix. La seule chose, c’est que ce sont les joueurs qui sont sur le terrain qui ont le ballon dans les pieds. Moi j’ai joué toujours devant 5’-6'000 spectateurs où c’était très bruyant. C’est au joueur de savoir ce qu’il veut faire. Car si je lui dis de dribbler, son adversaire entend aussi ce que je dis. 

La saison est à peine terminée qu’une nouvelle saison est en préparation. Est-ce qu’on ose dévoiler ici avec quelle équipe tu seras l’année prochaine ? 

Ce n’est pas encore officiel. Nous sommes 3 entraîneurs prévus pour deux équipes, entre les B et C promotion. 

Après l’esprit conquérant que tu as insufflé à ton équipe durant cette saison, n’est-ce pas trop dur de quitter ces joueurs ? 

C’est vrai. J’aurais bien aimé garder une partie de ces jeunes, mais c’est peut-être mieux de les laisser tous que d’en suivre qu’une moitié. La plus belle chose que j’ai aimée, c’est de les avoir vu progresser, beaucoup progresser. Techniquement, tactiquement. 

Après une année dans notre club, que penses-tu de ce FC LTLP ? 

Clairement s’il faut expliquer comme je le ressens, c’est comme si j’étais né à La Tour. Je ne connaissais personne, La Tour est mon équipe pas de cœur, mais plutôt de naissance. Donc ça devient mon équipe de cœur. Je joue avec le FC La Sionge, mais j’ai préféré là-bas jouer avec la 2ème équipe. On a joué contre La Tour. 

Qu’est-ce qui différencie notre club de ce que tu as connu en Afrique ?

Tout je dirais. Il faut voir que la 2ème division chez nous, on dit que c’est professionnel. On te paie pour jouer, on touche des primes de matches. Mais les infrastructures sont complètement différentes. J’ai joué peut-être 3-4 fois de ma vie sur un terrain en gazon. Nous n’avions pas de vestiaires. 

Que fais-tu à côté de ton boulot et celui d’entraîneur, est-ce que tu as d’autres hobbys ? 

Non, j’aime juste l’entraînement, le foot. J’aime jouer pour le plaisir. 

Nous avons pris l’habitude que l’interviewé transmette un nom pour l’interview suivant. Est-ce que tu as une idée de nom ? 

Pourquoi pas Bledar, il est venu souvent arbitrer nos matches.

 

Yannick

mai 2021

Roméo Schaller


Bio express

Roméo Schaller, 12 1/2 ans, junior D. Fils de Gérald (ingénieur en informatique à l’institut fédéral de métrologie) et de Adriana (animatrice en accueil). A une sœur, Juliana, de 18 ans, habite à La Tour-de-Trême.


Interview du 27 mai 2021

Peut-être pourrais-tu commencer par nous expliquer pour quelle raison tu t’appelles Roméo ?

Mon papa avait fait une liste avec plein de noms nuls de nuls, comme Némo, Zaïre, etc. C’est finalement maman qui a tranché, j’ai eu de la chance. Le prénom n’a rien à voir avec l’origine brésilienne de maman, mais a des origines italiennes.

Est-ce dû à tes origines à moitié brésilienne que tu es fan de Neymar ?

Oui, je pense, parce que je regardais souvent la sélection du Brésil et je l’ai souvent regardé jouer et j’ai commencer à l’apprécier. Avant cela, j’étais un fan absolu de la Suisse et de Shaqiri.

Es-tu autant bon comédien que lui sur un terrain ?

Non, non.

Continuons de manière plus traditionnelle, après cette entrée en matière volontairement un peu provocatrice. Tu joues au foot depuis tout petit ?

Oui, j’ai commencé très tôt, parce que j’étais en classe avec Martin Deladoey (fils de Laurent) qui avait lui-même commencé très tôt car son papa était l’entraîneur de l’école de foot. Je crois que j’ai fait une année de plus en école de foot.

Mis à part Martin, pour quelle raison as-tu choisi ce sport ?

Aucune autre raison.

Tu joues généralement à quel poste ?

Soit attaquant de pointe, ailier ou milieu.

Lors du dernier mondial, la Suisse et le Brésil s’étaient affrontés. Neymar avait été éteint par Behrami. Tu préfères Neymar l’artiste ou Behrami le travailleur sur un terrain ?

Neymar, même si Behrami est bon, mais Neymar c’est un autre niveau. Même si lors de ce mondial il a beaucoup simulé, il reste un très bon joueur.

Tu joues cette année ta 2ème saison en juniors D. Comment s’est passé l’automne dernier ?

Je venais d’une équipe où il y avait des joueurs qui avaient un peu du mal à bien jouer. Dans notre équipe, l’entraîneur a été très bon sur tous les points et nous a poussé à beaucoup travailler. C’est vraiment grâce à l’entraîneur que nous sommes montés dans le degré 1.

Justement, vous avez réussi à terminer dans les trois premiers du degré 2 et avez gagné le droit de jouer ce printemps dans le degré 1. Tu vois une différence de niveau ?

On voit une différence de niveau, mais vu que notre entraîneur a été très très bon et nous a bien accompagnés, nous sommes restés dans le haut du classement. Gumefens était premier de groupe l’automne dernier et ils sont maintenant derniers.

Vous aviez réussi à jouer tous vos matchs en automne avant l’interruption due au Covid ?

Non, il restait encore deux matchs de prévus, lesquels n’ont pas été rattrapés.

Tu auras vécu une période un peu particulière durant ces 2 années de juniors D. Qu’est-ce que tu retiens d’une manière générale de cette catégorie de jeu ?

Le terrain est beaucoup plus grand qu’en juniors E, mais toujours plus petit que celui de C. Lorsqu’on est en première année, on joue souvent contre des deuxièmes années qui sont plus grands. Ce n’est pas parce que nous étions plus petits que nous perdions, c’est surtout parce que nous étions nuls. Je retiens les progrès réalisés avec l’arrivée de Yannick et ses méthodes.

Tu as un duo d’entraîneurs vraiment top, avec Yannick qui parle beaucoup au bord du terrain (n.d.l.r. en plus avec un volume sonore au-dessus de la moyenne et son magnifique accent camerounais) et Eric qui communique de main de maître sur votre groupe WhatsApp. Qu’en penses-tu en tant que joueur ?

Ils se complètent pendant l’entraînement, mais pas forcément pendant les matchs. Par exemple, l’un demande de monter et l’autre de redescendre. Ils sont très forts, mais quelquefois il faudrait que la communication en match soit mieux ajustée.

Dès cet automne, tu joueras sur le grand terrain à 11 et dans les grands buts, tu te réjouis ?

Oui, pour mettre plus de buts puisque les gardiens seront plus petits dans ces grands buts. Je pense que j’arriverai à exploiter mon physique car j’arrive à tenir longtemps. Mais il y a des inconvénients qui vont avec, car on va aussi jouer contre des deuxièmes années et ça va être chaud d’être au top.

Pour la 1ère fois, nous avons proposé ouvertement aux juniors, à partir des juniors C, de jouer plutôt avec les copains ou dans la meilleure équipe possible, qui pourrait être localisée tant à Bulle qu’à La Tour. Qu’en penses-tu et qu’est-ce que tu as choisi ?

Pour les joueurs qui veulent vraiment s’améliorer, c’est un énorme avantage. Pour ceux qui jouent plus au foot pour se faire plaisir, c’est aussi bien. J’ai choisi « le meilleur niveau possible » et j’ai quand même un peu peur d’avoir moins de temps de jeu.

Tu as d’autres hobby que le football ?

Oui, le football c’est une passion, le reste ce sont des loisirs. Il y a le ski, le kitesurf et le sport en général.

Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas de spectateur. Le huis clos a été bien respecté à ton avis dans le cadre de ton équipe ?

Il n’y a personne au bord du terrain, mais les spectateurs ne sont jamais bien loin. Ce n’est pas la même chose de jouer sans les spectateurs.

L’an dernier, c’était la frénésie des « Panini » avec les images des jeunes et moins jeunes de notre club qui étaient échangées. Dans trois semaines commence l’Euro délocalisé dans une bonne dizaine de pays. Est-ce que tous les jeunes s’échangent des vignettes de l’Euro actuellement ?

Pas du tout. A cause du report de 2020 à 2021, il n’y a pas grand monde qui s’intéresse. Il y avait beaucoup plus de monde qui s’échangeait des vignettes du FC La Tour/Le Pâquier que de l’Euro maintenant. Mais je connais des amis qui avaient terminé l’album l’année passée.

Justement, à cet Euro, il n’y aura forcément pas … le Brésil. Tu seras un fervent supporter de la Suisse ?

Non, même pas. Je sais qu’ils auront aucune chance. Avant j’y croyais quand j’étais petit, mais maintenant j’ai arrêté de rêver. Il manque des très bons joueurs.

Il ne te reste plus que quelques semaines d’école primaire avant d’aller au CO à La Tour. Tu as déjà une idée de quelle voie tu aimerais suivre dans ta formation ?

Euh non. J’ai toujours eu un rêve, mais c’est très difficilement atteignable. J’aimerais jouer à un niveau international et dans un très bon club.

Est-ce qu’il y a autre chose que tu aurais aimé me raconter ?

Non, pas spécialement.

Je te remercie pour cet interview. Il est de coutume de donner un nom pour l’interview du mois suivant. Est-ce que tu as pensé à quelqu’un en particulier ?

Oui, volontiers mon entraîneur, Yannick.

 

 

 

 

Roméo

Avril 2021

Thibaut Python


Bio express

Thibaut Python, 13 ans, junior C. Fils de Eric (administrateur d’un collège) et de Line (employée de banque). A une sœur, Alicia, de 15 ans, habite à La Tour-de-Trême.


Interview du 18 avril 2021

Ton nom m’avait été proposé plusieurs fois pour cet interview, mais j’avais à chaque fois demandé que l’on me cite plutôt un autre nom. Me voici donc à devoir poser des questions à mon propre fils, chose pas forcément très aisée.

Lorsque je t’ai montré la fin de l’interview de Yasmine, tu as eu presque les larmes aux yeux, explique-nous tes sentiments à ce moment-là ? 

Pfffff…., je ne sais pas…, c’est compliqué. J’étais ému et heureux. J’ai eu plein d’émotions (n.d.l.r. rien qu’en y repensant, ses yeux deviennent humides).

Est-ce que tu te souviens à quel moment tu as commencé le foot ?

Je crois que j’avais 4 ans, non ? Un truc comme ça…

Non, c’était un peu plus. Tu avais fait deux entraînements avec l’école de foot alors que tu avais 5 ans, mais c’était bien trop tôt et tu avais commencé vers 6 ans.  Qui était ton premier entraîneur ?

Laurent Deladoey.

Quels sont les plus beaux moments que tu as vécus dans ta jeune carrière de footballeur ?

Euh, avec Jean-Pierre Wehren, c’était mon année préférée. Euh en fait non, c’était la 1ère année de D lorsqu’on avait gagné le championnat avec Rui.

A partir de quel moment est-ce que tu as joué au but et pour quelle(s) raison(s) ?

Euh, je crois que j’avais commencé dans un tournoi avec Matthieu et j’avais bien aimé. Vu que j’étais assez fort, il m’avait gardé pour le reste de la saison, en juniors F.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce poste ?

Le fait que tu peux changer un match à toi tout seul et que toute l’équipe repose sur toi.

Ce n’est pas trop de pression ?

Humm, au début, quand tu joues tes premiers matchs, c’est pas mal de pression. Après, au fil du temps, tu t’y habitues. C’est ce qui fait que tu aimes ce poste, en tout cas pour moi.

Tu as eu de très nombreux entraîneurs différents depuis que tu as commencé le foot. Quel est celui que tu as préféré jusqu’à maintenant ?

C’est difficile à dire, mais mes deux préférés c’était Jean-Pierre et Rui.

Pour quels motifs ?

Ce sont des entraîneurs qui ont toujours été là. Certains entraîneurs manquaient des entraînements et eux étaient toujours présents. Ou alors ils se faisaient remplacer. Avec Rui on joue pas mal au foot et c’est toujours cool. On fait des exercices, mais on joue beaucoup au ballon, c’est cool. Jean-Pierre j’aimais beaucoup comme il entraînait.

Tu joues cette saison ta 1ère année dans les grands buts et sur le grand terrain, en juniors C promotion. Quels ont été les plus grands changements par rapport aux juniors D ?

La taille du terrain, ça change pas beaucoup pour moi, mais c’est la taille du but qui est vraiment différente. J’ai réussi à m’améliorer par rapport au début, même que je suis pas très grand. Les engagements (5m) sont différents, car maintenant on doit les faire au pied et en juniors D je pouvais avancer avec le ballon dans les mains.

Justement, avec cette équipe villageoise dans le groupe Promotion, ça s’est avéré hyper compliqué au début, non ?

C’était assez compliqué, pour une équipe avec une majorité de joueurs de 1ère année de C, contre les meilleures équipes du canton. C’était très difficile, surtout avec notre style de jeu très vertical. Comme les défenseurs adverses sont plus rapides aussi, cela complique la tâche de nos attaquants.

Vous vous êtes entraînés très fort durant l’hiver, même bien avant de savoir si la saison allait reprendre ou non. L’énorme travail fait par votre coach Rui Felgueira a porté ses fruits, puisque vous aviez perdu tous vos matches de l’automne avec une différence de but très négative et vous avez gagné les matchs qu’il fallait ce printemps (n.d.l.r. derniers matches du tour d’automne 2020 reportés au printemps) pour finalement vous maintenir dans cette ligue Promotion. Une grande fierté pour toi ?

C’est une grande fierté, oui, mais pas que pour moi, pour toute l’équipe et aussi pour Rui. Pour lui ça été un soulagement de rester. Car tous les efforts qu’il a faits, c’était pour nous maintenir en promotion et cela a porté ses fruits.

Vous avez bien progressé depuis le début du championnat en août 2020.  Est-ce que tu penses que la suspension du championnat due au Covid-19 en automne 2020 vous a avantagée ?

Oui, je pense, car les équipes adverses ne se sont pas toutes entraînées comme nous durant l’hiver.

Le job pour se maintenir une nouvelle fois dans ce groupe C promotion vient de reprendre ce week-end, lors de la réception de l’épouvantail Team Veveyse, qui avait gagné tous ses matchs au premier tour. Comment s’est passé ce premier match du 2ème tour ce week-end ?

C’était très difficile, car on n’a pas réussi à imposer notre jeu. Mais ça prouve qu’on a progressé. On a perdu 12-0, mais au premier tour on avait perdu 20-0.

Tu étais largement le plus petit joueur sur le terrain ce week-end et tu gardes la cage. Une mission impossible ?

Je ne dirais pas impossible, mais très difficile. On savait que ce match allait être difficile pour moi comme pour toute l’équipe, mais on voyait quand même que le niveau de l’équipe adverse était supérieur au nôtre. 

On le disait un peu plus tôt, tu as eu pas mal d’entraîneurs différents au début. Mais maintenant, tu as la chance d’être depuis un moment avec le même entraîneur, Rui Felgueira, qui est extrêmement engagé et investi dans sa mission. Que pourrais-tu dire de lui ?

C’est un très bon entraîneur, également un très bon joueur. Il prend beaucoup de temps sur sa vie privée pour nous entraîner alors qu’il pourrait passer plus de temps avec sa petite fille. Il s’investit à 1000 % pour le foot, pour le FC La Tour/Le Pâquier.

Tu es maintenant en 1ère année du CO. Une idée déjà de ton futur métier ?

Oui, ça fait longtemps déjà que je sais ce que j’aimerais faire. J’aimerais faire des études pour devenir commentateur sportif.

Tu pourras par exemple aussi t’occuper du site internet lorsque tu seras plus grand ?

Je ne sais pas si j’aurais les connaissances informatiques nécessaires, mais pourquoi pas ?

Et au niveau du foot, quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Le foot, moi, c’est surtout pour le plaisir. Pourquoi pas aller jouer en inters C à Bulle et jouer plus tard une fois dans la 1ère équipe à La Tour.

Ton papa donne actuellement un petit coup de main à Rui pour le soulager un peu dans sa tâche d’entraîneur lors des matchs. Un avantage ou un inconvénient pour toi ?

(n.d.l.r. sourire), difficile à dire, mais je préfère presque quand il est derrière les grillages.

A part le football, quels sont tes hobbys ?

Le ski, le trampoline et la trottinette.

T’as pas par hasard oublié de citer la Xbox et tes vidéos super « enrichissantes » sur ton téléphone ?

Oui, peut-être….

Est-ce que tu aimerais profiter de cet interview pour nous raconter encore autre chose ?

Euh, non, pas spécialement.

Tu connais parfaitement la tradition de ces interviews. Est-ce que tu as déjà pensé à une personne en particulier pour l’interview du mois de mai ?

J’ai beaucoup de potes qui font du foot et mon meilleur pote Roméo Schaller serait certainement intéressé à faire cet interview avec toi.

 

Thibaut

Mars 2021

Yasmine Ammar


Bio express

Yasmine Ammar, née le 10.08.2006 (14 ½ ans), gardienne. Fille de Sami (logisticien chez Liebherr) et de Katia (travaille dans une boucherie à Vuadens). A un frère, Malik, de 18 ans. Double nationale (Suisse et Tunisie). Habite actuellement à Bienne.


Interview du 18 mars 2021

Après avoir commencé le football au sein de nos équipes de juniors, tu as joué un moment au team AFF avant de poursuivre ta formation de footballeuse au centre de formation national à Bienne. C’est bien ça ?

Oui, c’est exact. Le week-end, je fais toujours les matches avec le team AFF (M14, avec les garçons).

Tout d’abord, est-ce que tu suis toujours l’actualité de ton club de formation ?

Oui, toujours, aussi sur Instagram et les interviews sur le site internet.

On va revenir pas à pas sur ton début de carrière de footballeuse. A quel moment et dans quelle équipe est-ce que tu as commencé le foot ?

Euh, ma toute première équipe c’était La Tour, je devais avoir le premier âge où on peut commencer l’école de foot, je pense vers 5 ans.

Puis tu as joué encore jusqu’en juniors E, avec les équipes de garçons, au FC La Tour/Le Pâquier ?

Oui, c’est bien ça.

Tu as intégré ensuite le Team AFF, c’était en quelle année ?

Euh, j’avais 11 ans, donc ça fait 3 ans. Ça devait être en automne 2017.

Pourrais-tu expliquer comment se passe le processus de sélection, depuis les observations, jusqu’à ce que tu sois choisie pour intégrer le team AFF ?

Pour le team AFF, des sélectionneurs venaient voir nos matches le week-end. On a ensuite reçu une convocation pour aller faire des entraînements et petits matchs pour les observations et à la fin ils nous disaient si c’était bon ou pas.

Comment s’est passé ton intégration dans l’équipe du team AFF ?

Ben, pour moi ça s’est très bien passé. Je connaissais déjà 2-3 joueurs de la Tour, il y avait aussi déjà Maxime Chatton, Oscar Egger et Thiago Rebello qui avaient aussi fait les tests. Il y avait aussi Florian Auderset.

Il s’agissait à ce moment-là d’une équipe mixte ou d’une équipe 100 % féminine ?

C’était une équipe mixte, j’étais avec des garçons.

Est-ce que tu savais que nous avions une équipe de fille du Team La Gruyère qui joue actuellement en FF15 sous la bannière de notre club ?

Euh, oui, maintenant je sais, parce que le vendredi je les vois à l’entraînement à Bulle.

Que penses-tu du développement du football féminin ces dernières années ?

Je trouve que depuis la dernière Coupe du monde féminine, cela s’est bien développé. Il y a des matchs féminins à la TV, on en parle un peu plus. Cela progresse un peu et j’espère que ça continue.

A ce propos, le FC La Tour/Le Pâquier, toujours par l’entremise du Team La Gruyère, a postulé et obtenu le soutien de l’ASF dans le cadre du projet UEFA-Playmakers. Ceci veut dire que nous pourrons lancer une équipe de toutes jeunes footballeuses de 5 à 8 ans, 100 % féminine. Que penses-tu de ce projet ?

Je trouve que c’est bien. Déjà lorsqu’elles sont toutes jeunes, cela peut vraiment faire progresser et faire envie. Et aussi montrer que nous aussi on sait faire du foot.

D’ailleurs, le projet ci-dessus est piloté par une certaine Gaëlle Thalmann, issue du FC Bulle et gardienne titulaire de l’équipe de Suisse. Est-ce que qu’elle est un exemple pour toi ?

Ben oui, déjà lorsqu’on m’a annoncé dimanche que j’allais pouvoir m’entraîner avec elle, j’étais très contente. Elle a joué en Italie, je la suis sur Instagram, je regarde tous les matchs de l’équipe de Suisse et j’essaie de m’en inspirer pour voir comment elle plonge par exemple. C’est la gardienne féminine que je suis le plus.

Revenons à toi. Après env. 3 ans au Team AFF à Fribourg, tu as intégré en août 2020 le centre de formation suisse de Bienne. Explique-nous comment s’est déroulé le processus ?

Alors, déjà j’ai réussi à intégrer ce centre grâce à la sélection du team AFF. Avec les M13 des filles, on avait des tournois ASF quelques fois par années où l’on était notées. Par la suite, on m’a envoyé une lettre pour faire passer des tests. Au début, nous étions une centaine de filles de toute la Suisse (Tessin, Valais, St-Gall) et il y a eu trois processus de sélection. A la fin, ils ont gardé 10 joueuses en tout, dont une seule gardienne. Au début, nous étions 8 gardiennes.

Tu loges dans une famille d’accueil ?

Oui, à Bienne. C’est bien, parce que je suis proche du stade et de l’école. Mes parents d’accueil parlent suisse-allemand, mais avec moi en français. Je n’apprends pas beaucoup l'allemand dans la famille, pas non plus énormément à l’école, mais beaucoup dans l’équipe.

Combien de temps est-ce que tu peux profiter de cette formation dans la Credit Suisse Football Academy de Bienne ?

Jusqu’à ce que je finisse l’école obligatoire, donc au minimum 2 ans. Si je décide de faire le collège ici, je pourrais éventuellement rester dans ma famille d’accueil actuelle. J’ai encore un an à faire, je dois encore réfléchir et voir avec mes parents. Une fois que nous sommes pris, on peut rester, sauf si on ne se comporte pas bien à l’école par exemple.

Raconte-nous comment se passent tes journées là-bas ?

En fait, au niveau école, chaque journée est un peu différente. A l’école, je ne fais pas tous les cours, car j’ai l’entraînement tous les jours. Grâce au statut SAF (n.d.l.r. sports-arts-formation, pour les sportifs et sportives de talent), je n’ai pas de cours de musique, histoire, dessin mais je fais toutes les branches principales et les sciences. Lorsque j’ai entraînement le matin, je mange à la Tissot Arena avec les collègues. Après les entraînements, on peut faire nos révisions dans un espace dédié à la Tissot Arena et le soir on mange ensemble avec l’équipe à nouveau à la Tissot Arena, sauf le mercredi où on mange dans nos familles d’accueil.

Nous sommes une vingtaine de filles au centre. On alterne la langue de communication chaque jour, entre le français et l’allemand.

Le vendredi, on a l'école le matin et après le repas, je rentre en Gruyère en train. Le soir je vais à l’entraînement avec le team AFF et je joue le week-end aussi avec le team AFF.

Pourrais-tu nous parler aussi un peu des infrastructures sur place à cette Tissot Arena ?

C’est énorme, il y a une grande patinoire, un superbe stade, 2-3 terrains synthétiques, beaucoup de terrains en herbe, c’est superbe, aussi une salle de sports, par exemple pour nos entraînements de force du mardi. On se déplace toujours à vélo. J’ai de la chance, car une collègue a sa famille d’accueil à Evilard, juste en dessous de Macolin.

Si je suis bien informé, tu as été convoquée hier pour la cellule M-15 féminine nationale à un rassemblement à la Tissot Arena pour faire des tests par rapport à un camp à Tenero avec l’équipe de Suisse des M-15 ?

Oui, c’est juste.  Et dimanche, j’ai eu un entraînement pour aller à un camp avec les M-16, donc une année en avance. J’ai déjà fait des camps avec les M-16.

Est-ce que tu as déjà joué un match avec une sélection suisse ?

Oui, lors d’un camp, nous avons joué contre une équipe de Schaffhouse. Mais pas encore un match international officiel.

Quel est ton ambition au niveau de ta carrière et quels sont tes rêves ?

Ça se rejoint, moi mes objectifs c’est de pouvoir jouer comme professionnelle et dans l’équipe de Suisse. J’adorerais pouvoir joueur à Lyon qui est le club de mes rêves et j’aime aussi bien Chelsea.

Est-ce que tu pourrais donner un conseil à nos très jeunes footballeurs par rapport à leur futur, même si tu n’as qu’un peu plus de 14 ans ?

Ben, moi je me suis toujours dit que je vais toujours faire des erreurs, soit en match ou à l’entraînement. C’est grâce aux erreurs que l’on progresse, si on arrive à éviter de refaire les mêmes erreurs. Et il faut toujours y aller à fond, ne rien lâcher.

Est-ce que tu aimerais rajouter qqch ?

Eh bien oui, Bienne c’est super, ma famille d’accueil aussi et je suis dans la famille avec une autre joueuse tessinoise. On s’entend super bien et on se connaît très bien.

Tous les membres du FC La Tour/Le Pâquier te souhaitent plein succès pour la suite de ta carrière, que nous suivons avec plaisir. N’hésite pas à nous tenir au courant.

La tradition de ces interviews veut que la personne choisisse quelqu’un d’autre pour l’interview du mois suivant. Qui est-ce que tu aimerais me proposer ?

Les C, je les connais presque tous. Je ne sais pas trop qui choisir. Eh bien, votre fils, Thibaut.

Février 2021

Laurent Deladoey


Bio express

Laurent Deladoey, 44 ans, Suisse, réside à Riaz. Ancien junior, joueur de la 1ère équipe (1994-2007) et des seniors. Actuellement responsable du matériel au comité et co-entraîneur de l’école de foot. Travaille comme contremaître-menuisier chez Minnig, marié à Nicole, enseignante. Trois enfants, Martin (Team AFF), Clémence et Lucien (junior G).


Interview du 24 février 2021

Tu es de nature plutôt réservée et ne parles généralement pas beaucoup. Est-ce que cela te dérange d’être « mis en lumière » par le biais de cet interview ?

Non, pas du tout. C’est même marrant. C’est vrai que je suis une personne discrète. Mais j’ai été content que Marc pense à moi.

Lorsque Marc t’a choisi pour l’interview, il a cherché à trouver une personne emblématique du club. Flatteur, mais assez juste, non ?

Flatteur, ouais, mais des joueurs qui ont fait autant d’années dans le club à part Jean-Pierre, il n’y en a pas tellement.

Pourrais-tu expliquer aux gens qui te connaissent moins quel a été ton parcours footballistique en tant que joueur ?

J’ai dû commencer je pense à l’âge de 7-8 ans au FC La Tour-de-Trême. J’ai fait les 3 dernières années de juniors A à Bulle, puis je suis arrivé dans la 1ère équipe à La Tour/Le Pâquier l’année de la fusion en 1994 alors que le club venait de redescendre en 3ème ligue. En 2000, nous avions atteint la 2ème ligue inter, puis nous sommes montés même en 1ère ligue en 2006 et j’y ai joué une année. Ensuite j’ai joué un peu avec la 2ème équipe, puis nous sommes montés en 2ème ligue avec la 2ème équipe. Cela a duré une année à ce niveau, puisque malheureusement les 2 équipes sont redescendues directement d’une ligue l’année suivante. J’ai refait par la suite de nouveau 6 mois avec la 1ère équipe, mais ça devenait difficile au niveau physique à suivre les joueurs qui avaient passablement rajeunis durant cette période.

J’ai commencé ensuite les seniors et j’y ai joué 10-11 ans jusqu’au printemps 2020.

Justement, la saison passée, après de longs mois à rafistoler pour trouver suffisamment de joueurs, nous avons dû nous résoudre à retirer l’équipe des seniors alors qu’elle rencontrait un grand succès au niveau des résultats. Comment décrirais-tu cette épopée avec les seniors ?

 

(avec un grand sourire) C’était une époque formidable, avec beaucoup de joueurs qui avaient évolué en 1ère équipe du FC La Tour/Le Pâquier. Il manquait finalement de plus en plus de joueurs. Cela manquait de monde pour les entraînements (que l’on faisait très rarement 😊) et surtout pour les matchs.

Il faut préciser que l’équipe faisait partie des seniors et gagnait pratiquement tous ses matchs, alors qu’elle aurait pu être inscrite facilement en vétérans, non ?

Nous étions en Seniors de plus de 30 ans, effectivement, mais 90-95 % des joueurs auraient pu jouer en Seniors + 40 ans. Nous arrivions grâce à notre technique à nous ’imposer contre la plupart des équipes qui étaient plus jeunes et plus rapides que nous.

Un regret d’avoir été contraint d’arrêter de fouler les pelouses comme joueur ?

Un regret, oui, car ce serait toujours encore intéressant de toucher la balle avec les copains, même à 45 ans. Pourquoi pas ne pas recommencer, il y aurait peut-être le moyen de retrouver des joueurs motivés, mais un certain virus complique encore un peu la chose.

Tu as grandi à La Tour-de-Trême, tu as par la suite même construit un immeuble avec ton frère à proximité … du terrain de foot, mais tu t’es installé maintenant dans une maison à Riaz. Malgré tout, tu continues à t’investir pour notre club, tes enfants ont été formés (Martin) ou jouent au club (Lucien). N’es-tu pas à toi tout seul la parfaite incarnation de la devise de « La Tour un jour, La Tour toujours » ?

La fameuse devise de notre président. C’est vrai que je suis motivé par ce club. Si les enfants demandaient à jouer dans le village de Riaz, je pense que je serais d’accord. Mais c’est vrai qu’il y a plusieurs membres de la famille qui ont joué ou qui jouent encore au club et c’est important de redonner au club ce que l’on a reçu. Du moment que l’on est bien dans un endroit, pourquoi changer ?

Depuis combien de temps est-ce que tu es actif au sein du comité du club ?

Pfff…, je crois une dizaine d’années.

Quelles fonctions as-tu occupées ?

Je me suis directement occupé de tout ce qui était infrastructure et entretien, ainsi que du matériel (maillots, ballons, etc.).

Quelles sont les plus belles expériences que tu as vécues au club ?

Je pense déjà toutes les promotions. La promotion en 1ère ligue était quand même la plus belle, car pour un club de village comme le nôtre, cela reste exceptionnel. Comme entraîneur de juniors, j’ai aussi vécu de très belles émotions, avec la victoire dans certains tournois.

Quelle est la casquette que tu préfères entre joueur, membre du comité et entraîneur ?

La plus facile, c’est celle de joueur, d’avoir du plaisir sur le terrain.

Tu avais déjà entraîné par le passé, en suivant quelques années ton fils Martin. Après une petite pause (2 ans), tu as repris nos jeunes de l’école de foot avec notre président. Est-ce que tu l’as fait en grande partie pour accompagner ton fils Lucien ?

Oui, bien sûr. C’est plus facile si tu donnes du temps lorsqu’un de tes enfants est de la partie.

Ta famille et ta belle-famille (n.d.l.r. Nicole, l’épouse de Laurent, est la sœur de Philippe Pasquier, ancien capitaine du club, et qui a été appelé à la rescousse l’automne passé pour compenser les absences en défense) sont des suiveurs avertis et fidèles du club. Est-ce que cela insuffle une motivation supplémentaire à s’engager pour ce club ?

Ouais, bien sûr. Je ne suis pas le seul à participer à la vie du club. Beaucoup de membres de la famille sont aussi impliqués à divers niveaux. Il y a toujours beaucoup de monde au repas de soutien par exemple.

Est-ce que ta fille Clémence, qui accompagne aussi la famille au bord des terrains, a aussi été tentée par le football ? 

Elle a aussi été tentée un moment par le foot. Jusqu’à 2 ans en arrière, elle n’avait que des cousins, et tous faisaient du foot. Elle a aussi une cousine désormais qui est petite. Elle a trouvé du plaisir avec la gymnastique aux agrès à Bulle.

Vous êtes une famille de sportifs, étant aussi beaucoup sur les skis en hiver et les enfants impliquées dans le ski-club La Berra. Comment arrivez-vous à concilier les collisions de dates entre le ski et le football ?

Ça vient de plus en plus compliqué. Avant les saisons étaient mieux séparées. Pour Martin qui doit jongler entre le Team la Berra et le Team AFF, ça devient presque impossible. Les courses de ski ont lieu soit le samedi ou le dimanche et cela peut tomber en même temps que les entraînements. Mais il aime les deux sports et ce n’est pas facile de choisir. La pandémie a freiné tant le ski que le foot et permet encore de concilier plus ou moins les deux.

Est-ce que tu as une idée de qui est-ce que je pourrais interviewer en mars ?

Yasmine Ammar, joueuse issue du club, qui est actuellement au centre de formation ASF de Bienne.

janvier 2021

Marc Valloton


Bio express

Marc Valloton (resp. bureau de l’information de la Chancellerie d’Etat et vice-chancelier de l’Etat de Fribourg), 45 ans, entraîneur Eb, habite à La Tour-de-Trême. Marié à Valérie (enseignante au Collège du Sud). A trois enfants : Lucie (15 ½ ans), Clara (14 ans) et Adam, joueur de l’équipe Eb, 10 ½ ans.


Interview du 22 janvier 2021

Je m’étais réjouis de partager un verre lors de cet interview, or, il se déroule à distance, dans le respect des normes sanitaires. Ce n’est d’ailleurs ni la première fois, ni la dernière.

A cause des conditions sanitaires et surtout du « dry january » imposé chez les Valloton, pas imaginable de faire en présentiel. 😉

Lorsque j’ai demandé à Lucie le mois passé quelle était la prochaine personne à interviewer, elle n’a pas hésité une seconde avant de me citer ton nom ! Surpris ?

Euh, oui, peut-être un petit peu. Je ne l’ai pas eue longtemps dans l’équipe. J’avais repris l’équipe de Frédéric Levrat pour quelques entraînements à la fin du printemps 2020, puis elle a rejoint l’équipe féminine. Mais comme nous sommes voisins et qu’elle côtoie Adam à la société de musique, c’est tout à fait logique.

Avec ton ancienne fonction de journaliste, tu posais les questions. Mais dans ta fonction actuelle, ce sont plutôt les médias qui viennent à toi pour se renseigner ou alors l’Etat qui organise des points presse, non ?

C’est clairement les deux. L’idéal dans la communication, c’est d’être le plus proactif possible. C’est-à-dire d’informer le citoyen, les Fribourgeoises et Fribourgeois, par l’intermédiaire des médias, en organisant des points presse (il y en a eu des tonnes depuis le début de la pandémie). Mais les journalistes viennent aussi vers nous en essayant d’avoir des angles originaux pour la rédaction d’articles.

Tu as à nouveau réintégré l’organe de conduite (OCC) qui a été remis sur les rails. Quelle proportion de ton temps est investie dans la gestion de la pandémie ?

Alors, au printemps 2020 durant le semi-confinement, qui a eu comme conséquence que l’Etat a dû renoncer à une bonne part de son travail habituel, j’ai travaillé avec l’équipe certainement les trois quarts de mon temps sur des aspects Covid, jusqu’à fin juin. Après la petite période de répit, c’est reparti depuis plus ou moins La Toussaint. En termes de gestion pandémie, j’en suis actuellement à 40-50 % de mon temps.

Notre club a un rôle social et doit permettre aussi aux jeunes de sortir de leur canapé, dans la mesure du possible. Ce n’est certes pas évident de s’entraîner en respectant les mesures sanitaires, mais pas impossible non plus. Quel est ton regard à ce sujet, toi qui vis la gestion de la crise au quotidien depuis l’intérieur ?

Je me réjouis énormément de pouvoir entraîner les plus jeunes (de moins de 12 ans) avec un maximum de 10 personnes  (entraîneur y compris). Comme le contingent est de 11 juniors, il y a toujours 2 juniors qui ne peuvent pas venir. Patrick Müller, mon binôme, nous rejoint si les présences le permettent.

Justement, comment se sont déroulés tes premiers entraînements en salle à la reprise ?

J’ai commencé le 7 janvier 2021. Cela s’est très bien déroulé. Les jeunes ont faim de jeu, faim d’activités, sont très contents de se retrouver. Je ne fais pas que du foot, de loin pas, en essayant de varier les sports et en faisant 

notamment d’autres sports comme l’unihockey ou le basket, ce qui est possible pour les petits. On fait par contre des sports collectifs, en essayant d’avoir la même logique, se démarquer, faire des passes, etc. Il y a tout l’aspect cognitif, avec des règles différentes selon le sport, des tailles et poids de balles différentes, etc.

J’ai pu voir que tu as beaucoup de contacts afin de garantir que le nombre de juniors ne soit pas supérieur à 9 (autorisé jusqu’à 10 personnes y compris l’entraîneur). Comment est-ce que tu gères la situation ?

C’est effectivement une situation un peu compliquée de ne pas pouvoir prendre tout le monde à l’entraînement. C’est absolument unique de devoir refuser un jeune. Mais pour le moment, avec les absences diverses, je n’ai pas été contraint de refuser du monde.

Nous sommes bien conscients que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, mais tant qu’il est possible et autorisé de pratiquer des entraînements, nous allons poursuivre ainsi. Nous sommes d’ailleurs privilégiés, toutes les communes en Gruyère n’ayant pas ouvert les salles. Comment est-ce que les jeunes de ton équipe Eb vivent avec les contraintes imposées ?

C’est une très bonne question. Les gamins vivent très bien les choses. Les enfants ont une capacité d’adaptation extraordinaire. Ils comprennent très bien et ne se posent pas de question. Les enfants m’impressionnent avec leur manière de gérer cette situation.

Depuis combien de temps est-ce que tu suis l’équipe que tu entraînes actuellement ?

C’est ma 2ème année de E, j’ai eu aussi 2 ans de F. J’ai la grande majorité des jeunes depuis 4 ans, mais j’avais déjà entraîné aussi avec l’école de foot, avec Matthieu.

La plupart des entraîneurs veulent à tout prix gagner et privilégient le résultat, bien que ce ne soit pas forcément ce que nous préconisons. Toi, tu mets principalement en avant le plaisir et les résultats passent au second plan. Est-ce que tu partages cet avis ?

Absolument, à 100 %. Les enfants sont insouciants. Les trois quarts du temps, même si l’équipe perd 8 à 1, ils seront surtout contents d’avoir marqué un but. J’ai une super équipe de copains. On ne deviendra pas des champions du monde, mais c’est super intéressant de voir progresser les enfants. Même si ces jeunes ne viseront à terme peut-être pas des sélections, ils deviendront peut-être des piliers du comité, des arbitres, des joueurs fidèles de la 2ème équipe ou autres.

Par contre, tu as réussi à générer un esprit d’équipe extraordinaire, avec des parents qui te suivent merveilleusement bien et lorsqu’un événement particulier a lieu, ton équipe participe à 100% à la vie du club. N’est-ce pas ça la vraie réussite ?

Oui, en tout cas à titre personnel, j’en suis convaincu. Un club est fait d’une diversité de gens et notre club doit aussi reposer sur un socle de joueurs qui constituent la masse. Si les joueurs et les parents ont du plaisir, on peut faire vivre le club.

D’ailleurs, nous avons lancé une enquête de satisfaction auprès des équipes de juniors. J’imagine que tu peux attendre sereinement les résultats ?

(petit sourire). Je suis mal placé, car je n’ai pas encore répondu. S’il y a des insatisfactions dans mon équipe, d’ailleurs la charte du club est fondamentale (elle engage le junior, l’entraîneur, les parents), j’espère que l’on vienne m’en parler.

Tu as joué au foot en étant plus jeune, jusque dans les espoirs de Bulle. On ne va pas forcément parler de ta carrière, mais que pourrais-tu dire par rapport à ce que l’école de vie qu’est le football pour les jeunes ?

Oui, j’ai fait tous mes juniors à Bulle. Je n’étais pas le plus talentueux, mais j’avais la tronche.

On en revient un peu ce qu’on disait avant, comme beaucoup de sports d’équipe. C’est une magnifique école de vie pour enseigner les valeurs, le respect, accepter les injustices ou les malhonnêtetés. Mais il y a aussi les valeurs comme la camaraderie et l’amitié.

Il y a pour l’instant plusieurs hypothèses par rapport à la future saison dont on ne sait pas trop quand et comment elle va commencer. Comment est-ce que tu vois la chose ?

Je me garderais bien de faire des pronostics. Je dis chaque semaine à mes juniors qu’il faut profiter du moment présent. On a eu l’expérience de l’année passée qui nous a appris qu’on doit s’attendre à tout. Si on joue jusqu’au mois de juin, cela sera déjà exceptionnel. Ce que nous savons déjà, c’est qu’il est interdit de faire des matchs jusqu’à fin février 2021.

Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu souhaiterais réaliser pour ce début d’année 2021 ?

Si on reste dans le cadre du club, ce serait de pouvoir rejouer au foot. Un vœu tout simple, mais c’est quelque chose d’assez essentiel pour nos jeunes de pouvoir jouer, se rencontrer.

A part le boulot et entraîneur de foot, quelles sont tes occupations ?

On aime énormément être en famille, aller marcher, la montagne, la peau de phoque, le ski. Je pratique aussi l’unihockey avec la société de gym de La Tour. (n.d.l.r. Marc en est le président.)

Est-ce que tu souhaiterais encore rajouter quelque chose ?

Oui, peut-être. Je pense que l’on a un super club, un super comité. J’ai parlé avant de la charte, cette idée me plaît beaucoup. Il y a une belle éthique autour de ce club.

Comme le veut désormais la tradition, tu dois me donner un nom pour le prochain interview ?

On pourrait demander à quelqu’un du comité, qui fait énormément pour le club. Je te propose Laurent Deladoey, clubiste et fidèle du club.

décembre 2020

Lucie Raboud


Bio express

Lucie Raboud, 11 ans, juniore FF15 Team La Gruyère, habite à La Tour-de-Trême. Fille de Alexandre (chef d’atelier technique à l’armée) et de Chantal (enseignante). A une sœur, Mathilde, qui a 9 ans.


Interview du 8 décembre 2020

Cela faisait un moment que je voulais interviewer une fille de l’équipe FF15, voici que tu es la 1ère interviewée. Est-ce une fierté particulière pour toi ?

Oui, mais je pense que je ne suis pas forcément en dessus des autres.

Je t’ai croisée très souvent au bord des terrains, notamment lors de matches de la 1ère équipe, y compris lors du match d’entraînement entre le FC Haute-Gruyère et notre club. Explique-nous pourquoi ce match était spécial ?

Ben parce que mon père a été junior à Grandvillard quand il était petit, il a aussi été gardien il y a un certain temps et on s’embête. Mon papa supportait Haute-Gruyère et moi La Tour/Le Pâquier. Il n’arrête pas de me narguer avec son Haute-Gruyère, dont il a été aussi le président. Il annonce aussi les buts au micro, mais il ne voit pas toujours qui a marqué.

Qui est-ce qui décide d’aller regarder les matches ?

Ça se fait un peu comme ça. S’il y en a un et on entend, eh bien on y va. Ce n’est pas forcément prévu. Ça arrive, mais pas souvent.

Tu jouais l’an passé dans l’équipe Eb, comme Avdyl que j’ai interviewé le mois précédent. Comment s’est passé le saut dans cette nouvelle équipe 100 % féminine ?

Ben ça s’est bien passé. Ça change quand même, mais je me suis vite habituée. Ça m’embêterait maintenant de retourner sur un terrain plus petit.

A quel âge avais-tu commencé le football ?

Vers 8 ½ ans, j’avais commencé au printemps.

Tu te souviens quelles avaient été tes motivations pour commencer le football ?

Ben, en fait, on préparait un tournoi avec l’école. J’avais tout de suite adoré et j’ai voulu commencer.

Le FC La Tour/Le Pâquier héberge pour la toute première fois de son histoire une équipe entièrement féminine. Quelles sont les différences pour toi entre une équipe mixte et une équipe de filles ?

La grosse différence c’est les vestiaires. Avant j’arrivais directement prête et après je repartais.

Malgré que  tu es plutôt grande pour ton âge, tu es assez largement la plus jeune de l’équipe. Comment s’est déroulée ton intégration dans cette nouvelle équipe ?

Ben bien, la plupart ne se doutaient même pas que j’étais de 2009. Elles étaient vraiment surprises.

Le succès de cette équipe a été incroyable, puisque nous avons dû refuser de nombreuses demandes d’autres filles. Il s’agit de la seule équipe de ce niveau (n.d.l.r : FF15, filles nées entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009) en Gruyère et les filles viennent de Bulle et La Tour-de-Trême, mais aussi plusieurs de Riaz, Hauteville ou Sorens. Avec cet engouement, l’effectif est important, ce qui a des incidences sur les minutes de jeu en match. Comment est-ce que tu vis cela ?

Bon, bien. Je comprends que tout le monde joue. Je n’aimerais pas ne pas avoir de temps de jeu, même avec moins de facilité.

Est-ce que beaucoup de filles ont commencé le football avec la création de cette nouvelle équipe entraînée par Arnaud Maurer ?

Oui, pas mal. Mais franchement, certaines ont dû pas mal s’entraîner de leur côté, parce que franchement, elles ont un bon niveau.

Les résultats purement comptables n’ont pas forcément été toujours à la hauteur, mais là n’est pas le principal si vous progressez ?

On venait de faire notre première victoire, et après ça a été malheureusement arrêté.

Tu ne le sais certainement pas, mais notre club s’est porté candidat, par l’entremise du Team La Gruyère, pour être partie prenante au projet de UEFA-Playmakers. La fédération européenne de football et Disney veulent collaborer avec les fédérations nationales afin d’offrir davantage d’occasions aux filles de 5 à 8 ans de développer une passion pour le football. L’Association Suisse de Football (ASF) cherche 30 clubs en Suisse pour héberger les entraînements. Nous avons envoyé un dossier de candidature pour être retenu parmi ces clubs afin de créer dès 2021 des équipes de filles dès le plus jeune âge (5-8 ans). Que penses-tu de la création d’une filière féminine dès le plus jeune âge ?

Ben moi je pense que c’est bien, parce que déjà il n’y a pas beaucoup de filles qui jouent au foot. Si cela peut aider à promouvoir  le football féminin, je trouve que ce serait bien. Car jusque-là les filles sont reconnues pour faire de la danse et les garçons pour le foot.

Est-ce que tu trouves mieux à titre personnel de jouer plutôt entre filles ou tu joues tout autant volontiers avec les garçons ?

J’aime bien les deux, je n’ai pas forcément de préférence.

Les récentes chutes de neige ont recouvert la Gruyère d’un léger manteau blanc, mais permettant déjà un peu de ski de randonnée, balade en raquettes ou autres descentes en luge. Est-ce que tu profites de l’hiver pour continuer à faire d’autres sports ?

Oui, D’ailleurs on est allés aujourd’hui skier à la Berra. Sinon, on est allés faire de la raquette à Lauenen dimanche passé. Ce n’était pas très bien balisé et on a traversé une rivière…

Et sinon, à part le football, quels sont tes hobbys ?

De la musique. Je joue du cornet avec les cadets de La Tour/Le Pâquier. Il y a 2 ans, j’avais les deux choses le lundi et j’allais une fois sur deux.

Les sports de contact sont actuellement toujours interdits, mais il est possible de faire des entraînements pour les moins de 16 ans [l'interview a lieu pendant la conférence de presse surprise du Conseil Fédéral]. Il est prévu de reprendre les entraînements un peu plus tôt que d’habitude, dès le 4 janvier 2021 (salle et synthétique). A quel point est-ce que tu te réjouis ?

Je suis super heureuse.

Comment est-ce que tu vois la suite de ta carrière de footballeuse ?

Oh chais pas, j’aimerais bien quand même jouer à assez haut niveau. Mon club de rêve serait Young Boys.

Et autrement, qu’est-ce que tu aimerais faire quand tu seras plus grande ?

Droguiste ou horlogère.

Est-ce que tu as lu les précédents interviews sur notre site internet ?

 Ouais.

 Est-ce que tu as déjà réfléchi à une prochaine "victime" pour le 1er interview de 2021 ?

Marc Valloton, c’était mon 1er entraîneur. J’avais fait quelques entraînements et tournoi avec lui.

(n.d.l.r. : parfait pour le webmaster, ça reste très proche de la maison… 😊)

novembre 2020

Avdyl Morina


Bio express

Avdyl Morina, 11 ans, junior Db, fils de Flamur (maçon) et de Sadete (qui s’occupe des enfants), habite à Bulle, a un petit frère Loris et une grande sœur Delfina. Avdyl est le neveu de Liridon Morina, joueur de la 1ère équipe.


Interview du 26 novembre 2020

Tu es le premier junior D que l’on interviewe pour le site internet. Ton oncle m’a dit que tu serais impressionné. C’est vrai ?

Euh oui. Mais je n’ai pas trop peur.

Tu as 11 ans, tu jouais l’année passée en juniors Eb. Comment tu trouves la différence entre les Eb (tu n’avais pu jouer que le 1er tour) et les juniors D ?

Ben, la différence c’est que je me suis plus amélioré en D qu’en E. Je trouve que c’est mieux avec le terrain plus grand. On peut plus courir et on peut augmenter la vitesse. Et voilà.

Et aussi le travail d’équipe.

A quel âge est-ce que tu as commencé à jouer au football ?

A 7 ans, directement au FC La Tour/Le Pâquier. J’étais plus grand que les autres joueurs de 7 ans.

Est-ce que tu fais encore d’autres sports ?

Non, juste le foot.

Est-ce que tu as d'autres hobbys ?

Euh…, non. Je fais que du foot.

Tu joues dans l’équipe Db, entraînée par David Uran Cristaldo. Raconte-nous comment tu as vécu le premier tour 2020/21?

Ben, au début, il pleuvait. Après on a fait connaissance, il y a eu beaucoup de nouveaux joueurs qui sont arrivés par la suite. Maintenant on a des remplaçants.

Vous avez commencé l’année avec un effectif limité, malgré l’apport de quelques joueurs en provenance de Bulle. Des joueurs de l’autre équipe de D complétaient l’équipe pour les matchs le week-end en début de championnat. Maintenant, vous avez un effectif complet. Quelle est ton impression ?

Ben, maintenant je crois qu’on est plus forts qu’avant.

Dans ton équipe, vous avez une énorme richesse, car vous provenez de nombreux pays et origines différentes (Albanie, Italie, Portugal, Kosovo, Espagne, Erythrée, Guinée Bassau et Suisse). Tu es toi-même originaire d’Albanie. Que penses-tu de ce mélange au sein de votre équipe ?

Ben, en vrai c’est une équipe normale, comme Barcelone, où il y a aussi beaucoup de joueurs de plein de pays. On peut faire connaissance d’autres personnes, d’autres cultures. Et tout le monde peut s’améliorer et au final chacun est content de joueur avec nous.

Par rapport à l’école, tu es actuellement en quelle classe et dans quelle école ?

Là, je suis à l’école de La Léchère, en 6H.

Avec le Covid-19, il y a beaucoup de choses qui sont actuellement fermées (restaurants, piscines, centres sportifs, musées, théâtres, etc.). Comment est-ce que tu occupes tes week-ends?

Je vais quelquefois faire du foot avec mes amis et mon cousin. Dans notre jardin ou chez les amis. Sinon je regarde la télé ou je joue à la maison.

Lorsque tu seras plus grand, tu rêves de faire quoi ?

J’aimerais faire maçon comme mon papa et être dans un grand club de foot, comme par exemple Barcelone ou PSG.

Quel est ton joueur préféré ?

Eh bien c’est Messi, Neymar et aussi Mbappé.

Est-ce que tu connais Diego Armando Maradona ? Tu as vu qu’il était décédé hier ?

C’était un grand joueur, c’était une légende.

J'aimerais pour terminer que tu me donnes le nom de la prochaine personne à interviewer en décembre 2020 ?

Tu peux interviewer Lucie, de l’équipe des filles. Elle jouait avec moi avant.

octobre 2020

Liridon Morina


Bio express

Liridon Morina, 29 ans, Suisse, qui habite à Bulle. Milieu de terrain de la 1ère équipe du FC La Tour/Le Pâquier. Au club depuis 3 saisons, gestionnaire de commerce de détail. Travaille dans l'entreprise familiale de construction générale F. Morina Sàrl avec son frère.


Interview du 17 octobre 2020

Est-ce que tu pourrais commencer par expliquer un peu ta carrière de footballeur jusqu'à maintenant?

J'ai commencé alors que j'avais 17 ans avec le FC La Tour/Le Pâquier, alors entraîné par Yves Bussard, durant une saison, après les inters A de Bulle. J'ai joué ensuite au Lausanne Sports en M21. Puis j'ai eu un contrat pro en Challenge League avec Nyon (2011/12). Je n'ai joué que 6 mois et j'ai été arrêté à cause d'une pubalgie qui m'a éloigné des terrains pendant plus de 2 ans. J'ai travaillé ensuite à la Coop et je voyais souvent Dulio Servadio qui entraînait les inters A de Bulle. Je suis retourné d'abord pour taper un peu le ballon lors des entraînements des juniors A, puis au fur et à mesure que ma santé s'améliorait de plus en plus.

L'entraîneur de la 1ère équipe de Bulle était Hervé Bochud, lequel m'a fait signer vers Noël. Mais nous sommes descendus en 2ème ligue inter. J'ai continué à jouer un moment à Bulle sous Dulio Servadio, puis j'ai rejoint Hervé Bochud à Vevey (2015/16) et nous sommes montés en 1ère ligue.

C'était une fort belle équipe. A ce moment-là, je terminais ma formation de gestionnaire de détail (CFC) à la Coop et j'avais peur de rater à cause du nombre d'entraînements à Vevey et je suis allé à Haute-Gruyère (2016/17) pour rejoindre des amis.

Je suis revenu à La Tour depuis la saison 2018/2019 et j'entame ma 3ème saison ici.

Comment as-tu vécu l'arrêt imposé par le Covid-19, alors que l'équipe avait fait un magnifique 1er tour 2019/20 ?

Ça faisait vraiment ch…, on avait tout pour bien faire, on visait la promotion, on avait un entraîneur qui a amené énormément d'ambitions. Il y avait une très bonne mentalité et nous jouions vraiment pour gagner.

Qu'est-ce que le changement d'entraîneur, avec l'engagement de Cédric Tona en lieu et place de Lucien Dénervaud a apporté de positif à l'équipe ?

Cédric est également quelqu'un d'ambitieux. Chaque entraîneur a sa manière de faire. Nous restons proche de la mentalité développée par Lucien et c'est quelque chose de positif. Cédric est un passionné de foot.

Après d'excellents matchs amicaux durant l'été et une équipe en totale confiance, le début de saison a été perturbé par une quarantaine, ainsi que par certaines blessures. Quelles sont les importances de la quarantaine et des blessures sur les résultats ?

La quarantaine nous a plombé, pas forcément physiquement, mais plus mentalement.

Avez-vous reçu des consignes par rapport à des exercices à faire à la maison ?

Nous devions faire un maximum de choses possibles à la maison, mais tout le monde n'a pas un vélo d'appartement et une salle de force dans son appartement. C'était assez difficile, mais pas forcément autant qu'on aurait imaginé au début.

Depuis trois matchs, la défense encaisse moins de buts et les attaquants continuent à marquer, ce qui a amené trois victoires à la suite. A quoi attribues-tu cette belle série ?

C'est la défense qui a été renforcée, en particulier par le retour de Philippe. Il n'y a pas besoin de lui dire de bosser pour qu'il y aille. Il ne calcule pas ses efforts. Son retour nous a fait énormément de bien. Il faut évidemment aussi assortir cette bonne période avec le retour de Micael da Silva et de Loïc Marmier. Je pense que nous avons maintenant la meilleure défense de la ligue.

Quel est ton pronostic pour le match à Colombier ?

Ça va être un match compliqué. J'ai l'impression que l'équipe est costaude. Ils n'encaissent pas beaucoup. Je vois bien un match 0-0 à la mi-temps et que nous passions l'épaule en fin de match en marquant le 0-1 à la 60ème minute et une victoire 0-3 au final.

A titre plus personnel, tu as été quelques fois titulaire, tu portais même le brassard de capitaine la saison passée, à d'autres reprises tu es entré en jeu en 2ème mi-temps. Comment est-ce que l'on vit ces tournus en tant que joueur ?

J'ai été blessé très rapidement, durant un mois, un mois et demi. Je ne suis pas encore remis à 100%, mais je me sens beaucoup mieux. Il y a toujours des blessés et des suspendus, donc il n'y a aucun souci avec le fait d'être remplaçant. Tout le monde doit l'accepter, même si nous préférons bien sûr commencer tous les matchs.

Comment est-ce que tu te sens dans le club ?

Je me sens bien. J'habite tout près, l'équipe est très ambitieuse (c'est ce qui me manquait avant), on rigole bien, il y a une excellente ambiance.

Comment est-ce que tu vois ton avenir ?

On verra déjà cet hiver et la suite comment ça continue. Personne ne peut trop prédire ce qui va se passer dans 3-4 ans.

Quels sont tes objectifs pour la fin de cette saison ?

Moi je vise clairement la montée. Ça me ferait "kiffer", l'équipe le mérite. Je n'ai pas l'impression que notre onze soit inférieur à celui de Bulle.

 Tu as indiqué que tu avais regardé quelques fois le site internet, mais que tu ne connaissais pas encore cette rubrique de l'interview du mois. As-tu quelque chose à rajouter ?

Non, rien de spécial.

 Est-ce que tu as déjà réfléchi à une prochaine "victime" pour l'interview du mois prochain ?

Volontiers mon neveu, Avdyl Morina, qui joue en ce moment devant nos fenêtres (nldr : itw réalisé à la buvette du terrain 2) avec les juniors Db.

septembre 2020

Diogo Facha Baptista


Bio express

Diogo, âgé de 22 ans, Portugais, réside à La Tour-de-Trême. Défenseur dans la 2ème équipe (5ème ligue) du FC La Tour/Le Pâquier. Etudiant dans le domaine de la santé.


Interview du 22 septembre 2020

Tu as un tel look que je suis obligé de faire une entorse à la règle qui prévalait jusqu'à maintenant en utilisant la photo de l'album "Panini".

Tu joues maintenant dans la 2ème équipe depuis la saison passée, mais explique nous ton long parcours tourain avec tes nombreuses années de junior ?

Je suis né au Portugal, je suis arrivé en Suisse en 2004 et si je ne me trompe pas, j'ai commencé à jouer en 2005/2006 avec Nono. Je suis toujours resté à La Tour depuis les juniors F jusqu'à la 2ème ligue inter, où j'ai certes joué qu'en match d'entraînement. Les plus belles années c'était à partir de juniors B jusqu'à A. On a gagné la Coupe gruérienne et on a réussi à se maintenir plus d'une année dans le Groupe Promotion en juniors A.

Comment est-ce que tout cela  avait commencé ?

J'ai commencé comme gardien. Je voulais empêcher les autres de marquer. Mon papa était entraîneur à Bulle et j'ai choisi l'autre côté de La Trême pour la rivalité. On parlait souvent de Bulle, car c'était une bonne formation, mais La Tour c'était plus près et les entraînements des F étaient le samedi matin et cela ne me plaisait pas trop.

Tu as aussi eu un passé d’entraîneur?

Oui, j'ai aussi entraîné ton fils. J'ai entraîné une année les juniors F. Cela m'a permis de me rapprocher du club, de faire mes premiers pas d'entraîneur. J'avais pas fait plus longtemps pour des raisons scolaires et professionnelles.

C'est quelque chose que tu pourrais à nouveau envisager plus tard ?

Oui, bien sûr. Mais il y a pour le moment d'autres priorités.

Tout ceux qui arpentent les terrains à La Tour-de-Trême t’ont certainement vus au moins une fois t’entraîner, seul, au terrain 2. Qu’est-ce qui te donne une telle volonté et motivation à t’entraîner si durement ?

Premièrement, c'est personnel, cela me permet de m'évader à la fin de la journée. Et si je veux que l'équipe elle gagne, je dois donner le meilleur de moi-même.

Est-ce que tu n'as pas l'impression qu'il y a un décalage par rapport à certains qui le prenne peut-être moins au sérieux ?

Oui, peut-être. Ce qui me dérange, c'est ceux qui ne se donnent pas à 100 % sur le terrain. Moi, quand j'entre sur le terrain, c'est pour gagner, j'ai la fierté de porter le maillot tourain. Je déteste perdre, mais je ne suis pas un mauvais perdant.

Au niveau de ta formation, où est-ce que tu en es actuellement ?

J'ai actuellement terminé mon CFC d'assistant en soins et santé communautaire (ASSC). J'ai travaillé d'abord à Billens. Pour des raisons politico-économiques, j'ai terminé à l'HFR de Meyriez. La formation a duré trois ans.

Vers quelle voie est-ce que tu te diriges ?

Vers la voie santé, pour devenir infirmier. Ce qui veut dire que je dois faire la HES.

Et maintenant tu fais donc quoi ?

Je fais la maturité santé à l'EPAI à Fribourg (cours à plein temps) sur une année afin de me permettre d'entrer à la HES.

Ton papa (Carlos), encore entraineur de nos juniors B l’an passé, entraîne-t-il toujours ?

Il a arrêté d'entraîner et il pense maintenant à sa future retraite, qui interviendra dans deux ans.

Tu joues dans notre 2ème équipe, avec une ribambelle de jeunes, comment est-ce que cela se passe dans cette équipe ?

Je trouve qu'il y a une bonne ambiance, de bonnes ambitions, beaucoup de talent. Nous sommes jeunes et il y a beaucoup de bonnes idées de jeu. Le but que nous nous sommes fixés est de monter en 4ème ligue.

Sofia avait mentionné lors du dernier interview que c’est la 2 qu’elle préférait. Qu’est-ce qu’elle a de si particulier cette équipe ?

Cette équipe est accueillante, chaleureuse, un peu festive. Il y a une bonne ambiance, tout le monde se sent dans l'équipe. Chacun connaît son rôle. A la fin du match, on essaie de tous se retrouver autour d'une bière à la buvette où chacun peut exprimer son ressenti. D'ailleurs, c'est comme ça que Leicester est devenu champion !

Est-ce que toute autre issue qu’une promotion serait considérée comme un échec ?

Non. Personnellement oui, mais je sais qu'on pourrait monter l'année prochaine. Dans la vie, soit on gagne, soit on apprend, on ne perd jamais. Je crois que c'est une expression de Nelson Mandela.

Quel est l'état d'esprit de l'équipe ?

C'est incroyable, il y a parfois plus de monde à l'entraînement (16-17 personnes) qu'en match, car le week-end certains ont parfois des empêchements.

En tant que joueur emblématique du club, qu’est-ce que tu aimerais donner comme conseil à nos plus jeunes joueurs?

En rigolant, s'ils veulent venir taper le ballon avec moi et faire des pompes, ils sont les bienvenus. Plus sérieusement, je trouve important de rester le plus longtemps possible au club, que les jeunes croient en leur rêve et il faut qu'ils aient de la rigueur.

Est-ce qu'il y a qqch que nous n'avons pas abordé et que tu aimerais rajouter ?

J'aimerais qu'il y ait un meilleur investissement du club en matériel et en suivi des équipes, par exemple les juniors. J'aimerais aussi demander au club de garder le terrain 2, ce qui me permet d'éviter que le club créé une salle de fitness.

Est-ce que tu avais déjà réfléchi à une prochaine "victime" pour l'interview du mois prochain ?

Oui, Ljiridon Morina, un des seuls joueurs de la une avec qui j'ai joué.

août 2020

Sofia Rebelo


Bio express

Sofia, 45 ans, concierge employée par la Ville de Bulle (école et vestiaires du foot), mariée à Carlos, que l'on croise aussi occasionnellement à la buvette ;-) A deux enfants, Filipe, également très souvent à la buvette à donner des coups de mains et Tiago, joueur de l'équipe des juniors C. Habite au centre de La Tour-de-Trême.


Interview du 25 août 2020

Contrairement aux derniers juniors dont nous avons fait la connaissance, tout le monde te connaît ou du moins tout le monde a l'impression de te connaître depuis toujours, comme tu es un peu la "mama" du club. Mais le but de cet interview sera de faire découvrir des facettes de Sofia moins connues. Comment te décrirais-tu ?

Je suis toujours joyeuse, de bonne humeur, chiante peut-être aussi un peu (Carlos est aussi présent à l'interview.) Je m'entends bien avec les petits. Je m'amuse toujours avec les enfants.

Carlos, que peux-tu rajouter à propos de ton épouse ?

Ouais, c'est un peu ça, quoi d'autre, pfff….

Tu travailles à l'école depuis combien d'années ?

Ça fait un an environ, depuis août de l'année passée. Je faisais avant des remplacements à la Léchère.

D'ailleurs, à la buvette du FC, tu y exerces depuis combien de temps ?

Ça fait plus de 8 ans.

Est-ce que tu pourrais nous expliquer comment cela avait commencé ?

Je me rappelle que j'étais allée amener Thiago à l'école. C'est Philippe Papaux qui m'a appelé depuis les fenêtres de la Raiffeisen pour me dire qu'il fallait qu'il me rencontre pour discuter. Carlos entraînait à l'époque une équipe de jeunes. Lorsque Thierry Bally l'ancien tenancier avait arrêté, un nouveau cuisinier avait été embauché, mais il n'a fait qu'un week-end. Deux jours après sa rencontre avec Philippe Papaux, Sofia a commencé l'aventure de la buvette avec Carlos en enchaînant le match des seniors le vendredi, des matchs de juniors toute la journée du samedi pour conclure par le match de la une le samedi soir.

Tu sembles toujours avoir le feu sacré pour cette tâche. Qu'est-ce qui te motives à continuer ?

C'est beaucoup les petits, les enfants, ainsi que l'ambiance avec les parents et les affinités créées tout au long de ces années.

Nous votons dans un mois pour ou contre l'acceptation d'un crédit pour le Centre Sportif de la Gruyère, lequel s'implanterait en cas d'issue positive en partie sur le terrain actuel. Ainsi, il faudrait repenser le positionnement du terrain et réfléchir aussi à une nouvelle buvette. A quoi ressemblerait la buvette de tes rêves ?

Il y aurait une belle cuisine, un coin pour faire les grillades en extérieur, une belle et grande buvette, vitrée vers le terrain avec une terrasse couverte.

Quelle est ton équipe préférée du FC La Tour/Le Pâquier ?

Actuellement, mon équipe préférée serait la 2ème équipe. C'est une équipe avec des jeunes, des copains, qui sont tous des anciens juniors que j'ai connus plus jeunes, et je retrouve maintenant en 5ème ligue. Mais Sofia précise qu'elle ne veut se fâcher avec personne, qu'elle adore aussi la une et toutes les équipes de juniors.

Jusqu'à combien d'heures par week-end est-ce que tu passes au terrain de foot ?

Facilement jusqu'à une vingtaine d'heures lors des gros week-ends.

D'ailleurs, nous nous rencontrons ce soir, jour de semaine, aussi à la buvette. C'est un peu ta 2ème maison ?

Oui, sans hésitation. C'est même ma première maison pendant la saison du foot. C'est pour ça qu'on a acheté une chaise longue pour se poser un moment entre deux matchs.

Raconte-nous la plus belle soirée qui s'est passée à la buvette selon toi ?

Ouhh, il y en a eu tellement. Lors de l'avant-dernier match de la saison 2018/19, l'équipe s'est sauvée in extremis et malgré que le match était à l'extérieur, tous les joueurs de la 1ère équipe sont venus fêter ensuite à la buvette. Il y a eu de nombreuses soirées mémorables et j'apprécie aussi énormément les repas avec les équipes de juniors et leurs parents, ainsi que le camp de foot.

Est-ce qu'il te reste assez de temps pour toi et ta famille ?

Quand c'est la grosse saison, il reste le dimanche, après les matchs.

Qu'est-ce que tu aimes faire durant ton temps libre ?

On va se promener, on va manger en famille. Des fois, on va au cinéma. Mais les enfants grandissent et restent de plus en plus avec leurs copains. On va aussi voir des matchs des équipes touraines à l'extérieur, par tous les temps.

Le championnat de 2ème ligue inter va vivre en septembre son 1er match de l'année, alors que le dernier match avait eu lieu à la maison à la fin octobre 2019. Autant dire une éternité. Qu'est-ce qui t'as le plus manqué ?

Les premiers temps, ça nous a fait du bien un peu de repos. Mais après, l'ambiance et les contacts avec les gens nous ont manqué.

Tu te réjouis de reprendre ?

Oui, voilà.

Quelles sont tes plus grandes qualités ?

J'ai un grand cœur, je suis sympa avec les gens. J'aime cuisiner de bons petits plats pour les petits joueurs.

n.d.l.r. Carlos confirme, mais ne rajoute rien ;-)

Et tes défauts, j'ose également te demander ?

Je parle trop, suis un peu fixée sur mes idées, probablement aussi tête en l'air.

Sofia, tu sais que la tradition instaurée avec ces interviews veut que tu désignes qui devra se coller à mes questions le mois prochain. A qui est-ce que je dois m'adresser ?

Diogo Baptista, un jeune de la 2ème équipe, qui est l'exemple parfait du clubiste.

juillet 2020

Martin Gremaud


Bio express

Martin Gremaud, 9 ans, junior E, fils de Nicolas (professeur au Collège du Sud & HEG Fribourg) et de Catherine (enseignante enfantine, Le Pâquier), habite à Le Pâquier. A un frère, Simon, de 10 ½ ans.


Interview du 15 juillet 2020

Est-ce que tu avais vu les interviews précédents sur notre site ?

Oui, mon papa avait vu sur le site et mon copain Aurel m'avait dit aussi que j'allais être interviewé, donc pas de surprise.

N.d.l.r.  : Martin  a dit à ses copains qu'il devait rentrer à la maison, car il y avait le journaliste ;-)

Il y a actuellement pas mal de jeunes du Pâquier dans nos équipes, ce qui nous réjouit. Tu as commencé le foot plutôt à cause des copains ou de ton papa ?

Un peu grâce à mon papa. Il faisait volontiers des tirs avec moi quand j'étais petit.

Est-ce que tu aimes jouer plutôt comme attaquant, comme défenseur ou comme gardien ?

Plutôt en attaque.

Tu marques beaucoup de buts ?

Ça dépend contre qui on joue.

Tu as joué dans l'équipe Fb durant l'automne passé. Tu seras dans les juniors E dès cet automne, tu te réjouis ?

Oui. Mais j'ai encore aucune idée avec qui je serai vraiment dans l'équipe.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans le FC La Tour/Le  Pâquier ?

J'aime bien regarder les grands de la 1ère équipe. Et puis, j'aime bien car les entraîneurs ils sont sympas.

Est-ce que tu avais collectionné les étiquettes pour l'album du 25ème du FC ?

Oui, je l'ai fini. Il me manquait plus que la 187 à la fin. J'ai encore un gros paquet de doubles.

Quelles sont tes autres occupations à côté de l'école?

Du foot, du ski, du tennis et du vélo. Je ne fais pas d'autres clubs. J'aimerais bien commencer encore le tennis, mais j'attends de voir quand seront les entraînements de foot. C'est priorité au foot.

Les vacances ont déjà commencé. Comment est-ce que tu occupes tes journées pendant ces vacances ?

Je joue avec mes copains. Des fois, je tire sur le mur et des fois je jongle. J'arrive à jongler 11 coups d'un seul pied et 10 fois des deux pieds.

Qu'est-ce que vous avez fait durant le Covid-19 au niveau foot ?

Nos entraîneurs Stéphane Tavares et David Carvalho nous envoyaient chaque semaine des défis à réaliser. 

Est-ce que vous avez des projets de vacances en famille ?

Oui, on va normalement fin juillet 2020 en Turquie. On sera 14 personnes en tout, avec toute la famille Gachet.

Tu vas quelques fois jouer au terrain du Pâquier avec tes copains ?

Des fois, on se voit avec des copains et on demande à nos mamans si on peut.

Qu'est-ce que tu aimerais faire comme métier plus tard ?

J'aimerais devenir footballeur. Je voudrais jouer comme Lionel Messi quand je serai grand, mais à Liverpool. J'ai un grand poster de Messi sur la porte de ma chambre.

Et si tu devais ne pas devenir footballeur pro ?

Mathématicien à la HEG (un peu comme papa) et au pire si ça fonctionne pas, biologiste scientifique pour les animaux, au pire si ça fonctionne pas entraîneur de foot, si ça fonctionne pas entraîneur de ski, si ça fonctionne pas guide de marche, au pire comédien et sinon … je serai pauvre.

Est-ce que tu as déjà vu un match avec des  joueurs professionnels ?

Oui, j'ai vu l'équipe de Suisse plusieurs fois. A Berne, Bâle, Sion et à Genève.

Comme tu es le 3ème junior à être interviewé, il faut que tu me donnes le nom d'un adulte pour le prochain interview. Tu as une idée ?

Alors oui, tu peux interviewer Sofia de la buvette (n.d.l.r. : très bon choix, quoique un peu orienté).

Juin 2020

Aurel Roduit


Bio express

8 1/2 ans, joueur de l'école de foot, fils de Charles (collaborateur scientifique au Fonds National) et de Angéline (médecin acuponcteur à Bulle), habite à Le Pâquier. A une sœur qui s'appelle Adélia, 10 ans. Originaire de Leytron (VS).


Interview du 25 juin 2020

Tu es le plus jeune joueur interviewé jusqu'à maintenant. Est-ce que tu avais vu les interviews précédents sur notre site ?

Non, pas encore. Maman mentionne que le site n'a pas été consulté ces derniers temps. [nldr. à consulter absolument]

Tu pourrais expliquer pour quelle raison tu as commencé le football ?

Euh, parce que … avant je faisais souvent du foot à l'école et je voulais m'améliorer un peu.

Est-ce que tu pense que tu t'es déjà amélioré depuis que tu as commencé ?

Oui.

Est-ce que tu as d'autres copains du Pâquier qui ont commencé avec toi ?

Je me souviens plus comment ils s'appellent.

[nldr. après avoir consulté les photos de l'album d'images] Mais il y a aussi Martin qui est dans ma classe (5H). Il y a les jumeaux Chollet et Antoine qui viennent aussi du Pâquier, ainsi que Louis.

Tu es à l'école de foot. Qu'est-ce qui te plaît dans ce sport?

Ben…, je sais pas… C'est le fait d'être en équipe.

 

 

Est-ce que tu avais collectionné les étiquettes pour l'album du 25ème du FC ?

Oui, mais j'arrive pas bien à les coller. C'est ma sœur qui m'a aidé.

Comment est-ce que tu t'es occupé pendant l'arrêt des entraînements ?

Des promenades et des films. J'ai appris aussi à taper à l'ordinateur avec Tap'touche.

Est-ce que tu as d'autres occupations à côté de l'école?

Je fais du ski avec le ski-club Ovronnaz.

Lui disant qu'il y a aussi des ski-club ici, il me répond :

Oh, mais c'est nul, y'a pas de neige ici.

Tu fais encore d'autres choses ?

Oui, je fais de la batterie.

Comment as-tu repris l'école ?

D'abord par demi-classes. Maintenant en classes entières. J'étais content de retourner à l'école. Les copains m'ont manqué énormément.

Est-ce que tu te réjouis déjà des vacances d'été qui approchent ?

Non, parce que je vais aller en Camargue et qu'il y aura trop de moustiques.

Est-ce que tu connais déjà tes nouveaux entraîneurs Laurent et Jean-Pierre ?

Non, pas encore. Je ne sais pas comment s'appellent mes entraîneurs.

Qu'est-ce que tu aimerais faire quand tu seras grand ?

Ingénieur, inventeur et footballeur. Et aussi snowboarder professionnel en freestyle.

Et autrement, qu'est-ce que tu aimerais rajouter ?

Avec l'école, j'ai créé un groupe pour moins polluer. On essaie de faire des projets pour moins polluer avec 7 autres personnes de ma classe. Par exemple, moins jeter des déchets par terre.

Pour terminer, qui est-ce que je dois interviewer le mois prochain ?

[nldr. réponse très ferme] Il faut que ce soit mon copain Martin Gremaud, junior F.

Mai 2020

Nathan Charrière


Bio express

11 ans, junior de l'équipe Ea, fils de Eric (empl. de banque à la Raiffeisen de La Tour) et de Nathalie (enseignante), habite à Bulle. A 2 sœurs, de 17 ans et 19 ans.


Interview du 14 mai 2020

Tu es le premier junior à qui je peux poser des questions dans le cadre de l'interview du mois. Est-ce que tu attendais mon téléphone ou c'est une surprise?

Mon papa m'avait dit.

Qu'est-ce que cela te fait comme impression ?

Ça fait du bien, je ne m'attendais pas trop. Mais je suis un peu stressé.

Tu pourrais expliquer à quel moment tu as commencé le football ?

C'était quand j'avais 5 ans il me semble, à l'école de foot. J'ai commencé à La Tour/le Pâquier, car ma grand-mère est une supportrice du club et lorsqu'elle a su que je voulais commencer le foot, elle m'a inscrit directement.

Et pour quelle raison du football ?

Parce que mon papa faisait déjà du foot. Avec les Panini et tout, les matchs à la télé, je jouais un peu avec mon cousin, alors j'avais envie de commencer en club.

Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans le club du FC La Tour/Le Pâquier ?

Que l'on soit toute l'équipe ensemble, aussi faire des activités à côté du foot, aussi l'esprit d'équipe en match et à l'entraînement. Nous sommes par exemple allés voir un match de Gottéron. Nous sommes aussi allés voir un match à Sion. C'était notre récompense, car nous avons été l'équipe de juniors qui avait vendu le plus de vin pour le tournoi Dousse-Morel.

 

Est-ce que tu as d'autres hobbys ?

Je fais aussi du hockey à Bulle et avant je faisais aussi de la batterie. Mais j'avais plus de jour libre avec les entraînements de sports alors j'ai arrêté.

L'hiver j'ai l'entraînement le samedi et des fois j'alterne entre le foot et le hockey, mais j'arrive bien à faire les deux.

Tu as la chance de jouer dans une équipe qui rencontre pas mal de succès. Raconte-nous.

L'année passée (n.d.l.r. 2018), on avait gagné le Dousse-Morel en juniors E. Certains copains sont partis en D ou au team AFF. Mais moi je voulais rester en E pour refaire le Dousse-Morel et on a regagné l'année suivante à Gumefens (2019)

Comme pour tout le monde, ta vie a passablement changé depuis la mi-mars. Comment s'est passé cette période ?

Ben, euh…, c'était spécial de faire l'école à la maison. C'était spécial comme situation. On devait faire un peu les entraînements de foot et de hockey un peu. Ça commence un peu de nouveau normalement, c'est mieux.

Pourquoi est-ce que tes copains t'appellent "champignon" ?

J'étais allé au camp de foot il y a 3-4 ans. J'avais les cheveux coupés un peu comme un champignon et on m'a appelé comme ça. Depuis c'est resté.

 

Est-ce que le football t'a beaucoup manqué ?

Ouais, un peu, de jouer avec les copains. J'habite dans une maison alors ça va. J'ai pu jouer quand même un peu.

Tu as un entraîneur (Daniel de Nicola) et un entraîneur-assistant (Eric Charrière, n.d.l.r. son papa). Lequel est le meilleur ?

Je sais pas trop (rires…). Daniel c'est plus lui qui dit comment on doit faire. Mon papa lui nous encourage plutôt. Je veux pas dire qu'il y en a un qui est mieux que l'autre.

Tu viens de reprendre l'école cette semaine (pour l'instant un jour). Comment s'est passé cette reprise pour toi?

Ben, euh…., c'était un peu spécial. On était que la moitié de la classe. Ça faisait bizarre de revoir pas toute la classe et un peu dérangeant, mais autrement ça allait.

J'aimerais que tu me donnes le nom de la prochaine personne à interviewer pour l'interview du mois de juin 2020?

On décide de tirer au sort et Nathan me donne le no 302, qui correspond à Aurel Roduit, école de foot, d'après l'album d'images.

 

Avril 2020

Philippe Pasquier


Bio express

28 ans, marié, un enfant, domicilié à Riaz, maître-fromager et capitaine de notre 1ère équipe.


Interview du 16 avril 2020

Tu es la première personne à être désignée par ton entraîneur pour répondre à l'interview du mois, en tant que capitaine et joueur emblématique de la 1ère équipe, un honneur pour toi ?

Oui, bien sûr. D'être déjà nommé par mon entraîneur et d'être le capitaine de l'équipe du FC La Tour/Le Pâquier. J'essaie d'être un exemple pour l'équipe, pour le club, pour les juniors.

Justement, quel a été ton parcours pour en arriver là au niveau football ?

J'ai commencé le football à Echarlens jusqu'en juniors C. Je suis parti ensuite au FC Fribourg en inters C, puis j'ai fait la formation des M12 à M16 au team AFF à Fribourg puis à Neuchâtel-Xamax AFF en M18. Nous avions gagné la Coupe de Suisse contre Young-Boys. J'ai eu ensuite une grave blessure au genou, puis j'ai choisi l'offre du FC La Tour/Le Pâquier, où jouait mon beau-frère (n.d.l.r. Laurent Deladoey) que j'allais régulièrement regarder. C'était en 2010.

Tu as tenté une percée en automne 2016 au FC Fribourg, avant de revenir 2 ½ mois plus tard à La Tour/Le Pâquier, puis une autre en été 2017 chez le voisin du FC Bulle durant une saison, sans réussir à t'imposer réellement comme titulaire, un regret ?

Non, il s'agit d'une expérience supplémentaire. Qui ne tente rien n'a rien. Au FC Fribourg, l'organisation au sein du club n'était pas optimale. Avec le FC Bulle de Cédric Mora, j'ai fêté la promotion en 1ère ligue avant de revenir de l'autre côté de La Trême.

Tu es de retour depuis juillet 2018 au FC La Tour/Le Pâquier, club avec lequel tu t'es souvent mis en vitrine et pour lequel tu as réalisé de superbes matches. Est-ce que c'est le club dans lequel tes qualités s'expriment le mieux ?

Bien sûr, un joueur peut exprimer toutes ses qualités s'il a la confiance de son entraîneur et du comité. C'est une chance d'avoir cette possibilité dans un club emblématique et bien situé dans la région.

 

 

 

Est-ce qu'on peut dire que le FC La Tour/Le Pâquier, c'est le club de ton cœur ?

Oui, complètement. Déjà avec mon beau-frère que j'allais voir tous les week-ends avec ma sœur. C'est une grande famille, on m'a adopté et j'en suis très content.

Au niveau professionnel, tu travailles dans la fromagerie d'Echarlens, tenue depuis 3 générations par la famille Pasquier. Y'a-t-il des analogies entre la fierté de représenter la tradition familiale de fromagers et le football tourain ?

Oui, bien sûr. Je ne sais pas comment cela se fait. Je me laisse surprendre par ces belles choses. Au niveau sportif, on ne peut pas rêver mieux. Ce sont des belles choses de la vie dont il faut profiter, car on ne sait pas ce que la vie nous réserve.

Sais-tu combien de buts tu as marqué en matches officiels pour le FC La Tour/Le Pâquier ? (25)

Je dois être à quasi 20-22 buts. Je suis pas mal ? (oui, selon les statistiques de transfermarkt.ch, 25 buts)

Justement, tu as commencé tous les matchs durant l'automne, mais dans une position un peu plus reculée qu'à ton habitude, en jouant principalement dans l'axe de la défense. Quels sont les points positifs et négatifs à titre personnel de cette nouvelle position ?

Il n'y a pas de choses négatives à ce poste. Actuellement, c'est moi qui ai demandé à être reculé à cause de certaines douleurs apparues au niveau du bas du dos. C'est une chance pour moi et cela me laisse du temps pour récupérer. En tant qu'avant-dernier rempart, dernière lame à passer avant d'affronter le gardien, il faut me passer dessus pour aller marquer. Avec cette position un peu plus reculée, c'est aussi un avantage pour avoir une vision globale de mes coéquipiers. Cela me permet de les aider dans des situations délicates durant les matches.

Depuis l'arrivée de Lucien Dénervaud comme entraîneur, l'équipe joue à nouveau le haut du tableau, alors qu'elle avait lutté contre la relégation jusqu'aux derniers matchs les saisons précédentes.

Qu'est-ce que Lucien a apporté de nouveau à l'équipe ?

Déjà un cadre, une nouvelle préparation. Il a permis à remettre les joueurs au niveau requis par la 2ème ligue inter, voire la 1ère ligue. Il a un style de jeu beaucoup plus direct vers l'avant et ne prend pas de risque lors des moments clés. Il a surtout insufflé l'envie de gagner, la rage de vaincre qui manquait à l'équipe.

Comme l'équipe, tu étais près il y a un mois à recommencer le championnat, lequel a été mis en veilleuse à cause de la pandémie du coronavirus. Sur le moment, quelle avait été ta réaction ?

Une grande déception, car nous avions fait une grosse préparation. Il y avait l'excitation du championnat qui allait recommencer. Mais au final, tu te rends compte qu'il y a des choses bien plus importantes dans la vie et que c'est plus important de préserver les personnes à risque.

Dans la perspective d'une reprise, comment fais-tu pour garder la forme et le contact avec le ballon, tout en respectant les règles de quasi-confinement ?

Avec le ballon, il n'y a pas énormément de choses à faire à part quelques exercices de jonglage, des frappes au but, etc. J'essaie surtout de soigner la condition physique en allant courir 2 x par semaine et en faisant des exercices de renforcement.

Aujourd'hui, le Conseil Fédéral a informé sur les premières étapes du déconfinement. Des informations de l'ASF et de l'AFF suivront. Penses-tu à titre personnel que le foot puisse reprendre avant la fin de saison 2019/20 ?

Pfff….., je pense sincèrement que le championnat sera annulé. J'ai vu que nos voisins français avaient annulé tous les championnats amateurs.

J'aimerais que tu me donnes le nom de la prochaine personne à interviewer pour l'interview du mois de mai 2020?

Je te propose de demander à Nathan Charrière.

Mars 2020

Lucien Dénervaud


Bio express

33 ans, marié, 1 enfant, domicilié à Charmey, gestionnaire d'un fitness et entraîneur de notre 1ère équipe.


Interview du 26 mars 2020

Comme l'entourage du club, qui venait de lancer un nouveau site internet, la 1ère équipe était prête à se rendre au Stade du Glaney pour y affronter le CS Romontois à la mi-mars. Or, l'AFF a suspendu toute activité liée au football 2 jours avant le match. Comment as-tu réagi sur le moment ?

On s'y attendait un petit peu, des décisions de confinement avaient eu lieu dans d'autres pays. Je laissais penser aux joueurs que tout allait commencer comme normalement, même si je n'y croyais par forcément. C'est dommage, car après une belle préparation de 8 semaines, nous étions prêts.

Et tes joueurs, comment ont-ils accepté cette suspension des matchs ?

Cela embêtait les joueurs de ne pas pouvoir en découdre. Même si la santé passe avant.

Et maintenant, avec un peu de recul, qu'en penses-tu ?

C'est une bonne chose, c'est sûr, vu la propagation de la maladie. Il y a beaucoup de licenciés en Suisse qui jouent au football. Même si de jouer à "huis clos" ne changerait pas grand-chose. 😊

C'est mieux de ne pas avoir commencé  du tout, plutôt que d'arrêter après 2 semaines.

L'équipe a fait une superbe fin de 1er tour, avec 4 victoires consécutives, dont le derby contre Fribourg après un match extrêmement disputé et ensuite contre le leader Guin. Est-ce que la victoire contre Fribourg a amené une dose de confiance supplémentaire pour déclencher la belle fin du 1er tour ?

Oui, je pense que cela a été un match à rebondissement, très important. Mais comme tous les autres derbys, car nous avons gagné six derbys sur les sept matches. Nous avons perdu uniquement contre Farvagny. L'équipe n'était pas tout à fait prête au début du championnat, elle n'arrivait pas à enchaîner les victoires.

Tu as entraîné plusieurs saisons le FC Gumefens/Sorens, en 2ème ligue. Est-ce que tu as senti une différence de niveau au FC La Tour/Le Pâquier, en 2ème ligue interrégionale ?

Oui, quand même. Techniquement, physiquement, l'équipe est à un bon niveau. Mais il a fallu changer la mentalité, travailler dur à l'entraînement, réapprendre à gagner. Je suis content du 1er tour, car je ne savais pas trop où j'atterrissais, sachant que l'équipe était habituée les dernières années au bas de classement. Nous sommes la seule équipe qui a battu Guin l'automne passé.

L'équipe s'était renforcée durant le mercato hivernal. Que peux-tu nous dire sur les nouveaux arrivés ?

Franck Bochud, défenseur avec près de 10 ans au FC Bulle. Qqun qui travaille énormément et qui a un rôle de leader.

Juste avant le début de championnat, Simon Puertas avait été recruté aussi. Il connaît la maison, mais n'avait pas beaucoup joué au FC Bulle.

Loïc Chatagny du FC Romont était aussi un joueur recherché depuis un moment. Après des blessures, il était revenu fort l'automne passé.

Avec ces trois joueurs avec un excellent niveau, l'équipe était bien renforcée et les arrivés amenaient de la concurrence.

Quelles étaient les ambitions de l'équipe à l'aube du 2ème tour alors que l'équipe, au 3ème rang, n'accuse que 6 points de retard sur le leader Guin ?

J'avais envie de rester parmi les 3 premiers, tout en sachant qu'à trois points de nous il y avait la 8ème place. J'aurais bien aimé titiller Guin le plus longtemps possible.

 

 

Tu as peut-être vu sur notre site internet que nous avons mis en ligne des exercices à faire pour les juniors pendant cette pause forcée. Qu'en est-il pour les joueurs de la 1ère équipe ?

Oui j'ai vu. Je leur ai écrit encore ce soir le 26 mars 2020, mais je ne leur ai pas encore demandé d'exercices particuliers à faire. Après une intense préparation, c'était bien de faire une pause. Comme nous ne savons pas à quel moment le foot va reprendre, il est difficile de faire des programmes d'entraînement ciblé. Mais les joueurs ne sont pas inactifs. J'aimerais savoir assez rapidement quand ça reprend, cela faciliterait les choses.

Penses-tu justement que championnat a une chance de reprendre ce printemps ?

Non, vu que nous n'avons pas le droit de nous entraîner avant la fin avril, je ne pense pas que ce soit possible de reprendre ce printemps. J'estime qu'au niveau amateur tout risque d'être annulé.

En l'état, est-ce que l'équipe à l'automne devrait être à peu près la même que celle à ta disposition aujourd'hui ?

Aucune idée. En principe, on commence ce genre de discussions vers la fin avril. Mais je ne vois pas pourquoi l'équipe changerait énormément d'ici l'automne. Je pense que les joueurs veulent montrer que le résultat du 1er tour n'était pas dû au hasard.

Ta 1ère saison à la Ronclina restera de toute façon une saison à mettre dans les annales. Est-ce que tu as prévu rempiler pour au moins une saison supplémentaire ?

Ce sont des discussions qui sont complètement ouvertes et qui doivent encore avoir lieu.

En tant que 1er interviewé, tu as l'occasion de choisir quelle personne du club sera le prochain invité pour l'interview du mois ?

Un gars comme Philippe Pasquier, depuis longtemps au club et capitaine de la 1ère équipe.